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La pirogue ou sépulture de Chatenay-Mâcheron

réf. : fr.1907.2019 | 28 février 2019 | par Francis Leveque
sépulture | IIe - IIIe siècle av. J.-C.
Gaule ( France )
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Ce tronc d’arbre a longtemps été considéré comme une pirogue ayant servi à l’inhumation d’un défunt, sans doute un guerrier. Il n’a jamais servi de pirogue mais la technique utilisée est sans doute la même que celle qui permettait d’en fabriquer.

Cette « pirogue » a été découverte en 1883 à Chatenay-Mâcheron (Haute-Marne), près du pont de Belfort, pendant les travaux de la Marne à la Saone. Mais une erreur l’a longtemps attribuée à d’autres sites. Elle date de la Tène II. Le corps du défunt était placé dans le compartiment central de la pirogue, avec, « auprès de lui, une épée de bronze du type de celle de Humes » [1].

La « pirogue » a été creusée dans un tronc de chêne de 5,30 m, « grossièrement équarri et creusé sur une de ses faces de trois compartiments inégaux, un grand au centre et deux petits aux extrémités » [2]. Elle a servi à inhumer un prince, accompagné de ses armes [3]

Le tronc a été scié en deux, dans le sens de la longueur. Une moité a servi de couvercle, tandis que l’autre moitié était préparée. Le premier compartiment mesure 1,40 m. Il ne contenait rien. le second compartiment mesurait 2,20 m. Il contenait la squelette et les armes.

En fait, ce tronc d’arbre n’a sans doute jamais servi de pirogue. Il a été préparé spécialement pour la sépulture. Je l’introduis ici dans le corpus parce qu’il a longtemps été qualifié de pirogue. C’est une occasion de rétablir et de promouvoir sa vérité.
Puisque ce tronc a été travaillé ainsi et qu’il a permis d’obtenir ce résultat pour ensevelir le corps. On imagine qu’il n’a pas fallu longtemps pour le préparer. La technique employée pour réaliser une vraie pirogue devait être très bien maîtrisée mais elle a servi à réaliser une sépulture.
Ou alors, une pirogue était en cours de réalisation et elle a été détournée pour servir à cet usage funéraire. Dans ce cas cela justifie la ressemblance avec une vraie pirogue, puisque le tronc aurait dû en devenir une.
Dans les deux cas les charpentiers ou menuisiers gaulois maitrisaient leur sujet.

A proximité de la sépulture une statuette (hauteur : 65 cm) a été découverte puis conservée également au musée de St Germain (inv. 28218). Elle ne représente pas une femme assise mais un magistrat municipal d’époque romaine assis sur un pliant.


[1G. Drioux, p. 205

[2G. Drioux, p. 205

[328214 : Pirogue en chêne, avec quelques planches.
28215 : Grande « épée.dans son fourreau, fer.
28216 : Poignard en fer, poignée bronze à figure humaine.
28217 : Lance en « fer très rongée. ».
G. Drioux, p. 206

     

Bibliographie :

  • G. Drioux, une restitution d’état civile - Le poignard anthropoïde dit de Chaumont, in Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres , vol. 110 , 1921
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