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Le navire complet de la mosaïque romaine de Lod (2)
1er mars 2018 | par Francis Leveque | réf. : fr.1709.2018
Fin du IIIe siècle ap. J.-C. | [fr]
Palestine ( Israel )

Cette très belle mosaïque présente un bel exemplaire de navire marchand particulier comme on en trouve figurés sur les stèles de Sinope en Bithynie-Pont.

 

Cette grande mosaïque a été découverte à Lod, en Israël, en 1996, lors de la construction d’une autoroute sur le site de l’ancienne Lydda, entre Tel Aviv et Jérusalem. La ville est incendiée par les romains lors de la révolte juive (66 ap. J.-C.), puis rebaptisée Diospolis sous l’empereur Hadrien (117-138). Elle obtient le statut de colonie romaine à l’époque de Septime-Sévère (193-211). Puis elle tombe aux mains des conquérants arabes en 636 ap. J.-C.

La mosaïque appartenait à un vaste pavement qui ornait le sol d’une pièce de réception dans une maison romaine où les murs étaient peints. D’autres avaient également été découvertes auparavant dans la région. L’ensemble a été très bien conservé, seule une petite partie manquante ayant été comblée lors de la restauration. Elle est composée de cubes de marbre et calcaire, et de quelques cubes de pâte de verre. Il daterait environ de 300 après Jésus-Christ.

La mosaïque est divisée en trois zones : une partie centrale presque carrée et deux panneaux rectangulaires en haut et en bas. Le monde animal y est représenté de façon réaliste : poissons, oiseaux, animaux exotiques (éléphant, girafe, tigre, rhinocéros), et même un monstre marin. L’ensemble est représenté sur un font blanc, neutre, qui sort chaque animal de son contexte et qui semble exclure toute narration.

Dimensions :
- Longueur : 7,84 m
- Largeur : 4,26 m

La partie inférieure comprend une scène où se mêlent de nombreux poissons de tailles différentes ainsi que 2 navires sans doute identiques mais représentés dans des sens de déplacement opposés. Celui du bas à gauche est complet tandis que celui qui occupe la place centrale est incomplet. Tous deux sont représentés sur une échelle différente des poissons, ce qui les rend plus petits que la faune. Comme l’explique Z. Friedman, le fond blanc et l’absence de rivage et de toute architecture suggèrent que la scène se trouve en pleine mer. Mais le sens symbolique peut aussi l’emporter et la scène peut être inspirée de n’importe quelle autre situation.

Ce bateau se trouve dans l’angle en bas à gauche. Il se dirige vers la gauche, donc vers l’extérieur de la scène, ce qui lui donne l’impression de quitter voire de fuir. Il comporte son gréement complet comme rarement représenté dans l’iconographie.

Le bateau ressemble au navire du relief Torlonia du Portus Augusti d’Ostie plutôt qu’au navire de Sidon. La coque du navire est ronde, ceinturée d’une préceinte au moins. Une plate-forme marron est représentée au centre du bordé, sur le pont ; sa couleur différente exprime une certaine solidité mais donne également l’effet d’un ajout extérieur.

A l’arrière, le gouvernail latéral sort d’une structure ronde surplombant un garde-corps de croisillons de bois. A la poupe, une longue structure droite (une plate-forme ?), disposée en oblique, avec également un garde-corps, s’étend à l’extérieur du bateau. Elle masque en grande partie le col de cygne.
La proue comporte un prolongement (un mat ?) vers l’avant. Au dessus, un carré ocre rouge décoré d’une croix blanche fait penser à une caisse posée là, ou à un message symbolique méconnu, moins probablement une voile de misaine.

Le mat est au centre du bateau. Il semble conique et présente une succession de 9 sections alternativement blanches et noires comme sur une mosaïque de Thysdrus. La vergue présente la même alternance de couleurs. Elle est soutenue par 2 balancines, une de chaque côté.
Une série de 3 haubans de chaque côté et/ou d’étais maintiennent le mat en place. Je ne suis pas certain qu’on puisse s’appuyer sur la qualité ou les défauts de la réalisation de cette mosaïque pour distinguer haubans et étais comme le suggère Z. Friedman.
La représentation montre à l’évidence l’existence d’une voile triangulaire (sipparum) au dessus de la vergue sur le modèle du navire représenté sur le relief Torlonia du Portus Augusti d’Ostie.

Cependant ce navire, dans le coin gauche de la scène, semble quitter cette zone de danger.

Le navire du centre a été abimé par une construction postérieure.

 
              


Bibliografia :


E. Haddad, M. Avissar, A suggested reconstruction of one of the merchant ships on the mosaic floor in Lod (Lydda) Israel, in International Journal of Nautical Archaeology, vol. 32.1 , 2003
Z. Friedman, The Ships Depicted in the Lod Mosaic Reconsidered, in The International Journal of Nautical Archaeology, vol. 33 , 2004
B. Rosen, Comments on the Reconstruction of One of the Ships on the Lod Mosaic, in International Journal of Nautical Archaeology, vol. 33 , 2004
 
 
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