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Flute de Sidon en ivoire
réf. : fr.1340.2019 | 5 mars 2019 | par Francis Leveque
ivoire - objets divers | VIIe - VIIIe siècle av. J.-C.
Sidon, Phénicie ( Liban )
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Objet de prestige, cette flute en ivoire démontre la force de la symbolique navale dans l’imaginaire phénicien.

 

Cette flute en ivoire a été publié en 2011 sur Internet. Son inventeur indique qu’il l’a trouvée en 2010 mais il n’en précise pas la provenance exacte hormis la ville de Sidon. En dehors de tout contexte archéologique il est difficile de dater l’objet. Peut-être peut-on l’estimer du VIIe ou VIe siècle av. J.-C., période pendant laquelle les phéniciens ont beaucoup fabriqué d’oeuvres superbes sur de l’ivoire.

Les phéniciens étaient de très bons artisans d’art. Ils ont fabriqué des décors et des objets avec de nombreux matériaux dont l’ivoire. On en trouve beaucoup notamment dans la période ... Le style et les thèmes thèmes diffèrent selon les zones de production. L’ivoire venait de l’Inde par la Chaldée, de l’Arabie et de l’Egypte.

Le navire ici est adapté à la forme de l’objet. C’est un navire long et de faible hauteur qui a été sculpté dans le sens de la longueur de la flute.

La coque du navire est percée de 6 trous qui devaient servir au musicien. Mais leur emplacement ne peut manquer de nous rappeler des sabords percés au travers de la coque des galères pour y faire passer leur rames.

La proue présente une étrave verticale. Elle est surmontée d’une figure animal, sans doute une tête de cheval. L’utilisation de ce sujet est connu sur d’autres documents du Moyen Orient. [1]
Sous l’étrave, un éperon en forme de corne prolonge la quille.

La poupe est oblique. Elle se prolonge assez haut jusqu’à une volute imposante.

Le navire ne semble pas disposer d’un mat et d’un voile.

Sur le pont, deux cercles identiques présentent un cercle dans leur centre et sont surmontés chacun d’un trait vertical. On pourrait penser à des boucliers de soldats dont la lance dépasse. Mais la forme au dessus du bouclier gauche peut également laisser penser à un personnage qui se tient au dessus des deux cercles ; on pense ici à un char (symbolique) tiré par le cheval à l’avant.
Derrière ce « char », une structure ressemble à un bâtiment puisqu’il dispose d’un toiture à double pente. Elle semble posée sur un podium composé de 7 piliers(?) verticaux. La « façade » de cette structure en occupée par une étoile à 6 branches.
A la poupe, une cabine aussi haute que la structure précédente est couverte d’un toit en demi-cercle. A l’intérieur une personne (un notable, un défunt, un dieu/une déesse ?) se tient debout comme sur les navires funéraires égyptiens.

 

[1Représentation d’une proue avec un tête de cheval sur des barques de Tyr sur les portes de Balawat au Musée du Louvre et au British Museum, sur un sceau phénicien de Judée,sur un décor du palais de Teglath-Phalasar III à Nimrud, peut-être également sur une plaque d’ivoire de Sidon.