De la même période
De la même région antique
Du même musée

edito

réf. : | 24 février 2011 | par Francis Leveque
|
Twitter Twitter

L’année 2010 ne m’a pas laissé le temps d’enrichir le nombre d’oeuvres marines présentées sur le site. Ce ne sont pas les sources qui manquent mais le temps disponible. Chaque document fait l’objet d’une recherche documentaire et d’une analyse. Sa mise en ligne demande une heure de plus. Comme tout le monde mon temps disponible n’est pas sans limite. J’espère que tous les amoureux de cet espace documentaire comprendront ces difficultés et la lenteur du développement du fond documentaire.

Internet vous permet de suivre cette élaboration du contenu quotidiennement. Ce média a pour atout de permettre la diffusion de mon travail au fur et à mesure de son avancement. Ce lien formidable entre les internautes et l’auteur me permet d’entretenir une motivation constante à fournir l’effort de travail nécessaire. Je mesure là toute la solitude qu’on peut ressentir quand on prépare des ouvrages pendant des années sans pouvoir les publier sur papier avant leur terme. Il a dû en être ainsi pour M. Lucien BASCH lorsqu’il a constitué le recueil qui m’est cher "Le Musée imaginaire de la marine antique".

Je renouvelle toute mon admiration pour cet ouvrage. Il a été pour moi comme une révélation. Je me suis passionné pour la mer des anciens, pour ces exploits inédits qu’on ne peut mesurer qu’à l’aides d’indices et de traces du passage d’un marin parti d’un bout de la Méditerranée jusqu’à des rives fort lointaines. Et sans carte, ni GPS, ni téléphone d’assistance ! A bord d’une embarcation de petite taille comparée aux navires modernes. Plus d’un a dû ressentir l’angoisse d’une traversée interminable, dangereuse et aléatoire. Combien de souffrance ont été vécue pour un seul de ces indices laissés dans le sol et qui a traversé les siècles jusqu’à nous ? Combien de joie et de satisfaction aussi ? Et finalement quelles relations humaines entre des inconnus d’une rive à l’autre ?

Quels rêves d’enfants ont pu faire naître ces péripéties ? Quelles angoisses maternelles et conjugales ont pu tourmenter les femmes restées à terre ? Car il ne faut pas se limiter à l’objet marin. Il faut tenter d’entrevoir toute son contexte. Le navire est un moyen de transport et un support d’échange entre des hommes. Le chercheur des sociétés humaines anciennes se pose les même questions que le reporter de Thalassa visitant une communauté sur les rives du monde.

L’étude des relations humaines de toutes les époques devrait enrichir nos mentalités, nous ouvrir à davantage d’humilité. Le bassin méditerranéen est le centre d’une culture d’échanges par voie marine que montre bien mon étude. Encore actuellement cette culture demeure. Des gens tentent leur chance sur la mer pour fuir ou commercer. Chaque rive se préoccupe de la rive d’en face, invisible à l’oeil, et pourtant si connue ou espérée. Toutes les situations actuelles trouvent leur situation similaire dans l’Antiquité : oui des hommes ont autrefois quitté leur terre qui ne les nourrissait plus assez et sont allés s’installer sur une autre rive, oui des peuples ont dû apprendre à vivre avec les nouveaux venus. L’avantage pour nous est son étude sur une longue durée. L’expérience de ces temps anciens devrait nous servir d’expérience. Devrait ...