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Lécythe à fond blanc du Louvre
réf. : fr.1562.2019 | 10 février 2019 | par Francis Leveque
| 3e quart du Ve siècle av. J.-C.
Smyrne, Ionie ( Turquie )
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Figuration symbolique de la mort, la barque est ici le moyen de déplacement. L’auteur n’a pas senti la nécessité de représenter des détails.

 

Un lécythe est un vase de forme élancée, au col long et étroit, à embouchure évasée, muni d’un anse et d’un pied. La forme apparait dans la première moitié du VIe siècle av. J.-C. A l’origine ils sont destinés à contenir de l’huile d’olive parfumée. A partir du Ve s., les lécythes à fond blanc, plus fragiles, sont employés comme offrandes funéraires et déposés dans des tombes. La production des vases à fond blanc cesse vers 400 av. J.-C.

Celui-ci a été acheté par le musée du Louvre en 1893. Il est daté de 425 av J.-C. environ. Il provient de Smyrne même s’il a été fabriqué à Athènes. Car ce type de vase a connu un franc succès et il s’est bien exporté. Il appartient au groupe R dont le chef de file est le Peintre des Roseaux. Le R provient du mot « reed » en anglais (roseaux) car ils sont souvent représentés sur ces vases et ils indiquent les bords du lac Achéron.
L’Achéron est une rivière d’Épire, en Grèce qui se jette dans la mer Ionienne à proximité de Parga, au nord de l’entrée du Golfe Ambracique. Après avoir arrosé les marais achérontiques, elle reçoit deux affluents en sens contraire : le Cocyte et le Phlégéthon. Dans la mythologie grecque, l’Achéron est une branche de la rivière souterraine du Styx, cette rivière qui séparait le monde terrestre des Enfers.

Dimensions :
- Hauteur : 38,8 cm.
- Diamètre : 14 cm.

Les décors sur les lécythes à fond blanc nous livrent une toute autre iconographie relative à la mort. Il ne reproduisent pas une cérémonie mais ils illustrent les croyances liées à la vie dans l’au-delà.
Sur le lécythe du Louvre, Charon avance sa barque vers une stèle. Une femme se tient de l’autre côté de la stèle. Elle porte des offrandes, une corbeille, un alabastre et un plat. Sur la base de la stèle, un lécythe est déjà déposé en offrande. Nous avons devant nous une scène inspirée en partie par l’imaginaire (Charon), et en partie par la réalité (la visite à la tombe). Le peintre a combiné le monde visible et le monde invisible [1].

La barque sur laquelle Charon fait traverser le Styx n’est pas le sujet principal. Elle n’est qu’un support pour Charon. Elle ne sert qu’à évoquer les Enfers. Nous n’en voyons qu’une extrémité sous la forme d’un profil de demi croissant.
Pour faire avancer sa barque, Charon utilise une longue perche. Il s’agit d’un long bâton que l’on utilise encore aujourd’hui sur une embarcation légère (barque, barge) pour la propulser sur des cours d’eau, un étang, un lac ou même en mer non loin des côtes. L’extrémité de la perche enfoncée dans l’eau touche le fond et celui qui la tient impulse un léger mouvement d’arrière en avant pour faire avancer l’embarcation.

 

[1Alexandra Kardianou-Michel, louvre.fr


 
 
                    
 

Bibliographie :

  • M. Denoyelle, Chefs-d’œuvre de la céramique grecque dans les collections du Louvre, Réunions des musées nationaux, Paris , 1994, p.18, n° 74
  • S. Marmois, Les rites funéraires grecs à travers la céramique, in Feuillet, musée du Louvre, vol. 3/18
  • E. Pottier, Étude sur les Lécythes Blancs Attiques à Représentations Funéraires, E. Thorin, Paris , 1883
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