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Sceau phénicien de Judée
8 mars 2016 | par Francis Leveque | réf. : fr.1346.2016
VIIIe - VIIe siècle av. J.-C. | [fr] sceau
Palestine ( Israel )

Sceau phénicien portant un profil de bateau rond

 

Sceau ovale portant en haut l’image d’un bateau à une voile et en-dessous une inscription en deux lignes : l’nyhw. b/n. myrb, soit "A Oniyahu fils de Mérav". L’écriture est celle de la deuxième moitié du VIIIe siècle avant J.-C., ou au début du VIIe siècle.
Provenance probable : environs de Samarie. Longueur : 1,7 cm

Le sceau provenait d’une collection appartenant à Michael et Judy STEINHARDT. Il a fait l’objet d’une vente chez Chrities en décembre 2013.

Le nom « Oniyahu » n’est pas biblique, mais se rencontre dans les inscriptions funéraires du VIII siècle. « Mérav » est un nom biblique : c’est le nom de la fille aînée du roi Saül. Le présent sceau fait partie du groupe des sceaux privés, puisqu’il n’indique pas une fonction officielle qu’aurait exercée son propriétaire, mais le nom d’une autre personne qui identifie la famille du personnage. Or sur ces sceaux, c’est toujours le nom du père qui est indiqué. Ici la famille serait déterminée par une femme.

G. Couturier suggérait un jeu de mot entre le bateau et le nom de détenteur de ce sceau : n changeant la voyelle ô du nom (ôni = « ma force ») en â, on a un âni, qui signifie alors « mon bateau » ; ainsi le monsieur ôniyahu (« ma force est Yahvé », ce qui est certes son nom) prononcé âniyahu devient « mon bateau est Yahvé » !

Le bateau a été extrêmement bien dessiné sur une surface qui ne fait que 10 x 8 mm. Le tailleur a fait preuve d’une excellente précision. La coque est arrondie comme tous les navires de commerces de l’époque. Une rangée de points ronds représente des boucliers fixés sur une lisse. La poupe et la proue sont relevées jusqu’à une même hauteur, pour se terminer par une tête de cheval à l’avant, et un objet non identifié composé de 2 lignes à l’arrière (un étendrard ?).
Un gouvernail permet de diriger le bateau qui est propulsé par une grande voile carrée. On distingue bien 2 étais fixés au sommet du mat pour le maintenir vers l’avant et l’arrière. Deux drisses provenant également de l’avant et l’arrière se joignent au dessus de la vergue et permettaient de la monter.

Le profil du bateau rappelle les bateaux du roi de Tyr sur un bas-relief de Sennacherib (705-681). Les figures de proue et de poupe rappelle les bateaux transportant le tribu du roi de Tyr sur le relief en bronze de Salmanasar III (858-824) et le bas-relief issu du palais de Sargon II à Khorsabad au VIIe siècle av. J.-C. conservé au musée du Louvre.

C’est la seule représentation d’un bateau découverte en milieu israélite qui nous soit connue à date. Elle a été réutilisée par l’Etat d’Israel pour sa symbolique.

Expositions :

New York, Hebrew Union College-Jewish Institute of Religion, 1993.
New York, Museum of Jewish Heritage, 2000.

 
        


Bibliographie :


N. AVIGAD, A Hebrew Seal Depicting a Sailing Ship, in Bulletin of American Schools of Oriental Research , 1982, p. 59-62
N. AVIGAD, Le navire d’Oniyahu : un sceau hébreu représentant un bateau à voile, in Qadmoniot Jérusalem , vol. 16, n°4 , 1983
G. Couturier, Signature d’un mauvais « pied marin » , in Parabole , vol. x/5 , 1988
C. Grossman, The Collector’s Room : Selections from the Michael and Judy Steinhardt Collection, New York , 1993, n° 107
B. SASS, The Pre-Exilic Hebrew Seals : Iconism vs. Aniconism, in Studies in the Iconography of Northwest Semitic Inscribed Seals, B. Sass and C. Uehlinger, Fribourg et Göttingen , 1993, p. 242
, The Phoenicians, A Nobleman from Dor, in Biblical Archaeology Review, vol. 19, n°2 , 1993 mars/avril, p. 28
N. AVIGAD, Corpus of West Semitic Stamp Seals, Jerusalem , 1997, p. 77, n° 84
N. Kashtan, Seafaring and the Jews, Routledge , 2013
 
 
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