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Pompei - Les thermes de Stabies
réf. : fr.423.2009 | 3 septembre 2009 | par Francis Leveque
graffiti | Milieu du Ier siècle ap. J.-C.
Pompei, Campanie ( Italie )

Qui est cette personne qui a pris le temps de graver des graffiti de bateaux dans le vestiaire des thermes ? Sans doute un marin, avec une main sûr et un oeil averti, en pleine explication à un auditoire interrogatif ... Quant au décor d’une autre pièce, une proue de deux navires de guerre symétriques par rapport à un angle de mur rappelle que ce thème fait la fierté des romains.

Dans ces thermes, 2 graffiti ont été découverts et une décoration en stuc.

Les thermes de Stabies sont les plus anciens et les plus grands de Pompéi. Leur construction date de l’époque de l’assujettissement de Pompéi à Rome et ils furent plusieurs fois agrandis et embellis. La première phase de construction remonterait à la fin du IVe s. av. J.-C. En 79 ils étaient en cours de restauration après le séisme de 62 ap. J.-C.

Ces thermes occupent un espace en forme de trapèze circonscrit par quatre rues. On y pénétrait par plusieurs entrées : la principale ouvrait sur la rue des Holconii ; trois sur la rue de Stabies , trois sur la rue du Lupanar. Ils s’articulent autour d’une vaste palestre, ceinte sur trois de ses côtés par un portique à simples colonnes de tuf, recouvertes d’une épaisse couche de stuc après le tremblement de terre de 62.

Les graffiti ont été tracés à la pointe sur le mur de l’apodyterium, la pièce la plus richement décorée des thermes romains car c’est un passage quasi obligatoire dans le parcours de l’utilisateur. Il s’agit en effet d’un vestiaire disposant de nombreuses niches au sein des murs, où l’on déposait ses effets personnels.
L’apodyterium des bains de Stabies forme une vaste pièce rectangulaire autour de laquelle court un banc en maçonnerie ; la voûte, en berceau, est couverte de caissons en stuc alternativement ronds et polygonaux encadrés dans des grecques, rehaussés de couleurs, ornés d’amours, de rosaces, de fleurons. Des sujets plus grands occupent les lunettes des deux murs extrêmes : du côté du vestibule, Hercule assis, génie tressant des guirlandes ; en face, sur l’autre lunette, de chaque côté d’un édicule, deux amours chevauchent un dauphin ; à droite et à gauche une statue d’Hermaphrodite sur son piédestal tient un plateau.
Cette pièce était gardée par des esclaves du fait des vols relativement fréquents. La vigilance de ceux-ci devait être toute relative ou bien se désintéressaient-ils des graffiteurs ?...

De cette pièce on passait au tepidarium, la salle tiède, puis au caldarium, le bain chaud chauffé par un hypo-causte, c’est-à-dire par le sol.


vue de l’apodyterium (le vestiaire)

Le décor naval en stuc se trouve dans une autre pièce (non identifiée). Elle présente une proue de navire de guerre en symétrie de part et d’autre de l’angle du mur. Il s’agit de birèmes, ces galères à deux rangs de rames mais sans doute manipulées par bien plus de rameurs. Les détails de leur représentation rappellent celles de la colonne trajane.

 
 
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