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Paysage nilotique du nymphée des thermes suburbains de Pompei
réf. : fr.1831.2018 | 28 décembre 2018 | par Francis Leveque
peinture | 1ère moitié du Ier siècle ap. J.-C.
Pompei, Campanie ( Italie )
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Ce thème est très courant et il laisse aux auteur une grande liberté de réalisation. Le registre inférieur évoque l’abondance autour d’une divinité. Tandis que le registre supérieur paraît plus obscur.

 

Cette fresque provient des thermes suburbains, plus précisément du mur nord du nymphaeum [f]. Fouillé à plusieurs reprises entre 1950 et 1988, l’édifice est situé sur une terrasse artificielle immédiatement à l’extérieur des murs de la ville, près de la Porte Marine, d’où on jouissait d’une vue sur la mer.

Propriété d’un entrepreneur privé, les thermes étaient accessibles directement de la rue Marine. Ils s’articulaient sur deux niveaux qui communiquaient entre eux par un escalier interne. L’édifice ne présente pas de distinction entre la partie masculine et la partie féminine. Le niveau inférieur constitue la structure d’origine de l’édifice, daté de l’époque d’Auguste. Au moment de l’éruption les thermes étaient encore en phase de restructuration.

Sur le mur sud du nymphaeum, une fresque représente deux navires qui sortent du port d’Alexandrie au registre inférieur et une naumachie de 2 navires au registre supérieur. Sur le mur nord, la fresque sur fond bleu devait avoir le même thème mais elle a partiellement disparu, on retrouve une naumachie au registre supérieur.

Sur la face est du nymphée, le propriétaire a installé une grotte dans laquelle sort une cascade d’eau et qui est décorée par une mosaïque représentant Mars et des amours. Le bruit de l’eau en cascade devait ajouter un effet de sublimation du bien être et transporter le client vers un autre monde paradisiaque.

Au registre supérieur un bateau sombre, sans gréement apparent est échoué sur l’île centrale. Il ne paraît pas en mauvais état, il semble plutôt attendre qu’on vienne en prendre usage. Une étrange structure ajourée à 3 piliers visibles (mais sans doute 4 pour former un quadrilatère) semble à côté de la coque du bateau. Elle porte une étrange longue perche oblique dont une extrémité pointe le sommet de la proue.

La photo plus rapprochée de Buzz Ferebee remet peut-être en cause cette interprétation. La structure est peut-être positionnée dans le bateau, vers l’avant. L’un des pilastres supporterait alors la longue vergue d’une voile particulière, une voile latine ?
En exagérant les contrastes et en forçant sur les couleurs du bateau et de son ombre, il se pourrait que l’image dévoile un autre aspect de cette peinture. Au sommet de la structure apparaît une zone sombre, comme une voile déployée au sommet d’un mat. Peut-être le peintre a-t-il souhaité effacer ce détail qui rendait trop de dynamisme au milieu de ce paysage figé ; il l’aurait alors remplacé par cette étrange structure à 4 pilastres. Peut-être la peinture employée n’a-t-elle pas bien tenu et la voile a partiellement disparue, ne laissant que cette zone sombre.
De plus, sauf si l’origine provient des craquelures de la peinture et des défauts du mur ou de la photo, mais il semblerait qu’on aperçoive un visage au dessus de cette voile disparue. l’interprétation pourrait alors être toute différente : peut-être faut-il voir ici un aigle aux ailes déployées et avec un visage humain ? Son ombre, sa silhouette, veilleraient sur le bateau en dessous.

 
 
              
 

Bibliographie :

  • L. Jacobelli, Lo scavo delle Terme Suburbane. Notizie preliminari, in Rivista di Studi Pompeiani, vol. 1 , 1987
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