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Monnaie de Manius Fonteius
3 janvier 2017 | par Francis Leveque | réf. : fr.1602.2016
Fin du IIe siècle av. J.-C. | [fr] monnaies
Rome, Latium ( Italie )

Signe de l’évolution de la marine romaine, Mn Fonteius a choisi une quinquérème cataphracte à un seul rang de rames pour représenter la puissance navale de Rome. On y distingue de nombreuses évolutions.

 

Denier d’argent de 19 mm de diamètre, pesant 3,88 g.

Nom de l’atelier : Rome

Date : 108-107 av. J.-C.

Recto :

Anépigraphe
Traduction : “/
Description : Têtes imberbes lauréées accolées des Dioscures (Castor et Pollux), surmontées chacune d’une étoile ; sous le menton, marque de valeur (XVI) en monogramme.

Verso :

MN FONTEI
Traduction : « Manius Fonteius » (Manius Fonteius)
Description : Galère voguant à droite avec la proue vue en perspective et un pilote ; lettre M et 3 globules sous la proue.

Commentaire :

Au droit, M. Crawford estime qu’il s’agit d’une représentation têtes imberbes accolées des Dioscures (Castor et Pollux, les Gémeaux). Le même auteur rappelle que la gens Fonteia était originaire de Tusculum où les célèbres jumeaux étaient honorés.

Manius Fonteius C. f., triumvir monétaire (monetales) en 108-107 et peut-être en 85 aussi, est sans doute le fils (ou le cousin) de C. Fonteius, triumvir monétaire (monetales) en 114-113 av. J.-C. Cette fonction ne fait pas encore partie du cursus honorum et ne conduit donc pas encore au consulat. Il aurait été questeur urbain en 84, puis légat en Espagne (Hispania Ulterior) en 81 et en Macédoine en 77/76, et enfin préteur en 75. Il a été poursuivi pour extorsion et un mauvais gouvernement en 69, et défendu par Cicéron, en qualité de légat propréteur en Gaule Narbonnaise en 74/72 avant J.-C.
Cette famille connait une forte reconnaissance à cette époque : C. Fonteius est légat propréteur, en 91-90, de Cn. Servilius Caepio pendant la guerre Sociale. D’autres membres de sa famille occupent le même poste : Marcus Fonteius en 87 et P. Fonteius P.f Capito en 55.

Le revers présente une galère de profil vers la droite avec la proue vue en perspective. La coque est masquée par une série de 10 ou 11 rames de taille décroissante pour augmenter l’effet de perspective. Elles sortent de la coque au niveau supérieur d’un support qui n’est pas une caisse de rames (sinon les rames en sortiraient par des sabords en son milieu) mais plutôt un apostis sur lequel elles prennent support.
Au dessus des rames, on distingue un rang d’épontilles verticales qui supportent un pont représenté ici par une ligne surmontée d’un pavois où sont fixés des boucliers.
La longue « barrière » sur le pont est plus surprenante. Il s’agit sans doute d’un dispositif de protection du pont central ou de la représentation de l’arrière du pavois de l’autre bord. Une cabine à toiture à double pente figure également à l’avant de cette installation qu’elle dépasse.

La proue n’est pas dotée d’un éperon. Au dessus, l’étrave est décorée d’une paire d’yeux presque de face. Un immense stolos terminé en pointe compose le sommet de l’étrave. Il a changé de fonction : il sert maintenant de prolongation des pavois latéraux pour protéger le pont avant. La poupe s’élève légèrement plus haut, par un aplustre dont on reconnait le disque. Le timonier se tient droit et rappelle l’allure fière sur les monnaies de C. Fonteius. Il a un bras sur un bâton vertical ou sur le gouvernail.

Ce navire cataphracte à un seul rang de rames représente une quinquérème qui est le navire romain par excellence de cette fin de IIe s. av. J.C. Elle se distingue par des évolutions (faux-stolos, pont de combat, etc.) qui montrent que la marine prend son autonomie vis-à-vis des marines étrangères.

Pour ce type, M. Crawford a relevé une estimation de 38 coins de droit et 48 coins de revers. Au revers, l’alphabet n’est pas toujours accompagné de globules sous la proue. Je ne présente que deux variantes de ce denier de Mn. Fonteius centrées sur la poupe pour l’une, et la proue sur l’autre. De nombreuses autres variantes sont à découvrir sur cgb.fr.

 
           


Bibliographie :


J.F. MOLINA, M.F. CARRERA, X. CALICO ESTIVILL , Catàlogo Monogràfico de los denarios de la Repùblica Romana (CMDRR) , n° 714
H.A. Gruber, Coins of the roman republic in the British Museum (BMC/RR), Londres , 1910, n° 1210
E.A Sydenham, The Coinage of the Roman Republic (CRR), Londres , 1952 (réimpr. 1976), n° 566
M.H. Crawford, Roman Republican Coinage (RRC), Cambridge , 1970, n° 307/1b
H. A. Seaby, Roman silver coins (RSC) , 1978-1987, n° 7
L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p. 420-421, n° 904
D.R. Sear, Roman coins and their values, the millenium edition (RCV), Spink and Son Ltd, Londres , 2000-2014, n° 184
R. ALBERT , Die Münzen der Römischen Republik (MRR), Gietl Verlag, Battenberg , 2003, photo n° 1099
 
 
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