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Les navires chypriotes archaïques

22 septembre 2014 | par Francis Leveque | *fr | 1ère moitié du Ier millénaire av. J.-C. | Chypre ( Chypre )
 

Après une influence mycénienne Chypre connut vers l’an mille un relatif isolement dû à une diminution de la demande de cuivre. Le fer commençait à remplacer le bronze. Ses côtes furent alors moins fréquentées.

Le monde grec se repliant sur lui même, ce sont les phéniciens qui fréquentèrent alors l’île, renouant ainsi une vieille tradition de contacts. Les exemples mythologiques sont nombreux qui mêlent les deux cultures : Didon fuyant Carthage, Aphrodite avait un lieu de culte dans la cité de Paphos, etc.

Au début du Ier millénaire Chypre est divisée en cité indépendantes, dirigées par un roi. Les composantes ethniques sont différentes d’une cité à l’autre.

Kition, sur la côte sud-est, a été fondée vers 1800 av. J.-C. Son activité principale est liée au travail du cuivre à destination de l’Égypte. Elle est détruite par des Achéens au XIIIe s. puis par les peuples de la Mer au XIIe s. Des marchands de Tyrs sont attestés dès le Xe s. et elle devient au IXe s. une ville purement phénicienne.

Enkomi, sur la côte est, est un centre de commerce du cuivre lié à la cité d’Ougarit avant d’être. Elle est ensuite occupée par des mycéniens, détruite par les Peuples de la Mer puis par un séisme au XIe s.

Amathonte, au sud, bâtie par les Phéniciens vers 750 av. J.-C., était célèbre par le culte qu’on y rendait à Aphrodite.

Au nord, Kyrenia, Lapithos, Morphou, Paphos (consacrée à Aphrodite) sont fondées par des grecs.

Une île de savoir-faire naval

L’île est plus ou moins indépendante jusqu’à l’influence perse du Ve s. Sargon II, roi d’Assyrie (722-705) reçu l’hommage de 7 rois ; en 668, 10 rois accompagnent Assurbanipal en Egypte ; Cambyse attaque l’Egypte avec l’aide de rois de Chypre ; la flotte de Xerxès à Salamine comptait 150 trières chypriotes (Hérodote, VII, 90).

Les compétences navales de l’île ont donc attiré les souverains des grands états, qui ont accordé en échange une certaine autonomie aux cités. Dans la première moitié du Ier millénaire l’intérêt pour l’île consistait en un approvisionnement en bois. L’abattage de bois était stimulé par l’accroissement des terres arables exemptes d’impôts (Strabon, XIV, 6, 5, 684). Dans un second temps Théophraste (Hist. Plant., V, 8, 1) nous apprend les rois de Chypre interdirent l’abattage des cèdres devenus rares. Vers 600, le prophète Ezéchiel fait un lien entre Tyr et les cèdres de Kition. La légende de Sémiramis (Sammouramat, épouse de Shamshi-Adad V, roi d’Assyrie) rapporte (Diodore de Sicile, II, 16, 6) qu’elle ordonna à des charpentiers de Phénicie, de Syrie et de Chypre de de construire des barques qui pouvaient être démontées.

L’iconographie archaïque de navire

Elle se compose presque uniquement de modèles en terre cuite retrouvés dans toute l’île, mais surtout à Amathonte où une mission du British Museum découvrit, entre 1893 et 1894, 8 tombes (sur 286) contenant des modèles réduits de navires. Parmi elles une tombe n° 83 en comprenait 7 sur les 17 découverts. D’autres représentations figurent sur des pots.

LES MODELES D’AMATHONTE

Amathonte (Amathus) : tombe 83

Amathonte (Amathus) : tombe 88

Amathonte (Amathus) : tombe 95


Amathonte (Amathus) : tombe 173

Amathonte (Amathus) : tombe 176

Amathonte (Amathus) : dévouvert en mer



Bibliographie :


L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p. 249-262
 
 
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