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Haut Empire Romain
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Les bateaux du relief Lansdowne
réf. : fr.1764.2018 | 25 novembre 2018 | par Francis Leveque
sculpture | 2e quart du IIe siècle ap. J.-C.
Latium ( Italie )

Scènes mythologiques en contexte marin dans les espaces libérés entre 4 niches taillées dans un pierre noire. L’usage précis de cette réalisation original n’est pas connu.

Le relief de Lansdowne fut mis au jour en 1769 lors de fouilles effectuées sur le site de la villa Hadriana, à Tivoli, 120-138 ap. J.-C., à environ 30 km à l’est de Rome, par le marchand d’art et archéologue Gavin Hamilton, qui le vendit à Lord Lansdowne. Ce dernier était un collectionneur passionné d’antiquités qui possédait une belle collection de sculptures classiques jusqu’à ce que la plus grande partie soit vendue et dispersée en 1930.

Il est maintenant exposé dans la galerie grecque et romaine du Fitzwilliam Museum de Cambridge, bien qu’il ait été prêté au musée depuis 2004 et exposé depuis 2010.

La sculpture de la villa Hadriana est un relief calcaire gris foncé orné de scènes mythologiques. Il est fabriqué à partir d’un calcaire gris foncé inhabituel qui offre un contraste saisissant avec les sculptures plus lumineuses habituelles.

Le Relief est joliment décoré de scènes de la mythologie grecque, toutes liées à la mer. De gauche à droite (du point de vue du spectateur), nous voyons Ulysse et les sirènes ; le dieu du vin Dionysos transportant le cadeau du vin, sous la forme d’une vigne étalée, à travers la mer jusqu’à la Grèce ; et les Argonautes face aux oiseaux stymphaliens mangeurs d’hommes.

Les trois scènes se trouvent dans les intervalles entre 4 petites nichent qui devaient abriter de petites statuettes.

dimensions :
- hauteur : 56 cm,
- largeur : 181.5 cm,
- profondeur : 23 cm

Trois scènes mythologiques

Le choix des scènes et leur mise en scène relèvent d’un choix esthétique mais elles portent aussi un sens clair pour le commanditaire. Ce sens nous échappe aujourd’hui mais il est clair que les trois scènes ont pour point commun un héros qui se sort d’événements terrifiants survenus en mer.

Dans la première scène Ulysse se défend des sirènes. Il était curieux de savoir ce que les sirènes lui diraient et, suivant les instructions de Circé, il boucha les oreilles de ses hommes avec de la cire d’abeille et il se fit attacher au mât du navire.

Dans la seconde scène, le dieu du vin Dionysos fuit les pirates tyrrhéniens qui l’avaient kidnappé et emmené à bord de leur bateau. Les pirates, qui ont promis de l’emmener à Naxos, se sont dirigés vers l’Asie, avec l’intention de le vendre en esclavage. Dans la colère, Dionysos a rempli leur bateau de vignes et d’animaux sauvages et, lorsque les pirates ont sauté à la mer, il les a transformés en dauphins.

Cette troisième scène représente les Argonautes naviguant devant les rapaces oiseaux stymphaliens. Les oiseaux de Stymphalian étaient une volée d’oiseaux mangeurs d’hommes qui hantaient le lac Stymphalis à Arcadia. Héraclès les a vaincus comme son sixième travail, utilisant d’abord une paire de krotala (claquettes, semblables aux castagnettes modernes) pour les effrayer et les chasser avec le bruit, puis les abattre avec un arc et des flèches ou avec une fronde. Les oiseaux survivants ont été forcés de se réfugier sur l’île d’Aretias (aujourd’hui l’île de Giresun sur la côte sud-est de la mer Noire), où ils ont ensuite affronté les Argonautes. Les oiseaux ont été effrayés par le son des épées des Argonautes qui claquaient sur des boucliers.

Les bateaux

Les trois bateaux ont des profils similaires. Même si on peut relever une inversion des décorations des extrémités du 3e bateau, les 3 représentations nous montrent des bateaux ronds, sans éperon ni de taillemer. Le sommet de la proue semble se terminer par une volute ou une figure (tête de cheval et tête d’humain barbu). La poupe est ornée d’un col de cygne.

L’artiste a représenté les rames et les gouvernails de manière différente sur chaque bateau. Celui d’Ulysse comporte 4 rames mais pas de gouvernail ; celui de Dionysos est une simple barque où le marin dispose d’une rame dans chaque main ; celui de Jason ne dispose que d’un gouvernail dont on ne perçoit que la mèche car la pelle est dans l’eau, ce gouvernail sort du bordé par un sabord rond.

Les représentations des 2 exemplaires de voile interpellent. Celle d’Ulysse est une étrange voile triangulaire ; le mat a été courbé et il est maintenu par 2 cordes, l’une vers l’arrière l’autre, vers l’avant. Celle de Jason est fixée sur une vergue qui semble elle-même supportée par un mat de fortune.


Bibliographie :

 
 
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