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Lécythe à fond blanc de Karlsruhe
réf. : fr.1566.2019 | 13 février 2019 | par Francis Leveque
céramique | Ve siècle av. J.-C.
Attique ( Grèce )
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Charon conduit sa barque avec sa perche mais il dispose également des mêmes dispositifs que les hommes : un gouvernail et une rame.

 

Un lécythe est un vase de forme élancée, au col long et étroit, à embouchure évasée, muni d’un anse et d’un pied. La forme apparait dans la première moitié du VIe siècle av. J.-C. A l’origine ils sont destinés à contenir de l’huile d’olive parfumée. A partir du Ve s., les lécythes à fond blanc, plus fragiles, sont employés comme offrandes funéraires et déposés dans des tombes.

Les décors sur les lécythes à fond blanc nous livrent une toute autre iconographie relative à la mort. Il ne reproduisent pas une cérémonie mais ils illustrent les croyances liées à la vie dans l’au-delà.

Ce lécythe appartient au groupe R dont le chef de file est le Peintre des Roseaux. Le R provient du mot « reed » en anglais (roseaux) car ils sont souvent représentés sur ces vases et ils indiquent les bords du lac Achéron.
L’Achéron est une rivière d’Épire, en Grèce qui se jette dans la mer Ionienne à proximité de Parga, au nord de l’entrée du Golfe Ambracique. Après avoir arrosé les marais achérontiques, elle reçoit deux affluents en sens contraire : le Cocyte et le Phlégéthon. Dans la mythologie grecque, l’Achéron est une branche de la rivière souterraine du Styx, cette rivière qui séparait le monde terrestre des Enfers.

La barque

La barque sur laquelle Charon fait traverser le Styx n’est pas le sujet principal. Elle n’est qu’un support pour Charon. Elle ne sert qu’à évoquer les Enfers. Nous n’en voyons qu’une extrémité. Mais à la poupe un gouvernail rudimentaire a été dessiné et une rame reste pendante entre deux tolets.

Pour faire avancer sa barque, Charon utilise principalement une longue perche. Il s’agit d’un long bâton que l’on utilise encore aujourd’hui sur une embarcation légère (barque, barge) pour la propulser sur des cours d’eau, un étang, un lac ou même en mer non loin des côtes. L’extrémité de la perche enfoncée dans l’eau touche le fond et celui qui la tient impulse un léger mouvement d’arrière en avant pour faire avancer l’embarcation.

 
 
     
 
 
 
 
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