Egypte pharaonique   :|:   Document

Le tableau 7a de Nag el-Hamdulab
20 septembre 2014 | par Francis Leveque | réf. : fr.920.2014
4e quart du IVe millénaire av. J.-C. | [fr] graffiti
Egypte (Haute Egypte) ( Egypte )
 

En 2009 une équipe internationale d’égyptologues a retrouvé des gravures sur le site à l’ouest du village Nag el-Hamdulab, sur la rive ouest du Nil, à 6 km au nord d’Assouan, en Egypte. En 2009 Mme Gatto pensait ce graffito détruit ; son repérage et les photographies actuelles rassurent les archéologues même si on déplore des dégradations contemporaines.

Le tableau 7a, le plus grand du site 7, est visible de l’oued mais avec difficulté, il n’est cependant pas caché. Il a été vandalisé à une époque très récente.

La scène est organisée autour de 5 bateaux. Un premier groupe de 4 navires est en forme de croissant avec la proue et la poupe remontant très haut. Leur extrémité est plus épaisse que le montant. Ils n’ont pas de rames. On compte 2 cabines sur chaque navire et un étendard en croissant (2 cornes ?) sur l’une d’elles. A l’avant de chaque bateau pend une corde courte, une branche avec 3 rameaux. Le second bateau à gauche présentait un étendard avec un faucon en haut mais il est maintenant détruit. Les cabines du 1er bateau sont également surmontées d’un bâton et d’un cercle dont l’interprétation est difficile mais qui est souvent attesté par ailleurs.

Le profil du 5e bateau est bien différent. La proue est étroite et fait un crochet tandis que la poupe se termine par une ligne supérieure droite. Il n’a qu’une cabine voutée, pas de branche, ni d’étendard. Il semble transporter un cercueil et serait donc une barque funéraire au profil similaire rencontré à des époques plus tardives. Cela rappelle la composition et l’interprétation données à la peinture de la tombe 100 de Hierakonpolis.

Ce groupe est souvent appelé « procession de navires royaux » car un personnage portant ce qui pourrait être la couronne blanche de la Haute Egypte est devancé par 2 porte-étendards et suivi par un porte éventail. Ils ont peut être pour destination Éléphantine, site important dès le Ière dynastie. L’ensemble est entouré de scènes de combats qui expriment peut être un contexte de guerre dans la région.

L’interprétation des 4 signes hiéroglyphiques du tableau 7a est plus complexe. Ils ne semblent pas nommer le roi (comme cela se fera à la Ière dynastie). Mais le signe sms réfère à une procession nautique, un déplacement de la cour. Il rappelle le déplacement biennal de la cour royal, selon le « rite d’Horus », et qui servait à imposer l’autorité royale et prélever des taxes.

L’ensemble des indices réunis par Stan Hendrickx permettent à cet historien d’attribuer la gravure à la période Nagada III, vers 3200 av. J.-C.

 
                                


Bibliographie :


D. Usai, S. Salvatori, The oldest representation of a Nile boat, in Antiquity, vol. 81 , 2007
M.C. Gatto, The Aswan area at the dawn of Egyptian history, in Egyptian Archaeology (online paper) , 2010
S. Hendrickx, J.C. Darnell, M.C. Gatto, M. Eyckerman, Iconographic and Palaeographic Elements Datinga Late Dynasty 0 Rock Art Site at Nag el-Hamdulab (Aswan, Egypt), in International Colloquium The Signs of Which Times? Chronological and Palaeo Environmental Issues in the Rock Art of Northern Africa Royal Academy for Overseas SciencesBrussels, 3-5 June, 2010 , 2012, p. 295-326, fig. 4
 
 
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