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Le sarcophage de Cornelius Arrianus
13 juin 2016 | par Francis Leveque | réf. : fr.1508.2016
Ier - IIe siècle ap. J.-C. | [fr] sarcophage
Sinope, Bithynie - Pont ( Turquie )

La symbolique d’un grand navire lié à un navire identique de taille réduite, en milieu funéraire, conduit à penser à lien inter-générationnel entre deux personnes liées dans la vie et peut-être dans la mort.

 

Ce sarcophage est daté du Ier ou IIe siècles ap. J.-C. Il est conservé au musée de Sinope, au nord de la Turquie, sur la mer Noire.

Le relief présente deux bateaux liés par un long cordage.

Le plus grand bateau est du type des navires de commerces ronds. On y voit un gouvernail protégé par une caisse rectangulaire et une échelle (ou passerelle) sur le pont de la poupe. Les extrémités de la proue et de la poupe ne sont pas décorées. A la proue un petit mat porte une voile repliée. Le mat central porte une voiles carrée sur une vergue. Devant la voile on voit bien le cordage d’un hauban, et derrière la voile d’autres cordages (hauban, drisses, ...).
Une voile triangulaire couvre également le sommet du mat jusqu’à la vergue, comme sur la stèle du nauclère Julius Kallinikos provenant également de Sinope. Sur les deux réalisations funéraires les bateaux vont par 2, de tailles différentes.

Le bateau plus petit présente le même profil avec moins de détails. Il porte également une voile carrée. Habituellement le canot remorqué ne développe pas sa propre voile, il se laisse tirer par le navire principal. Une telle représentation sur un sarcophage n’est certainement pas une erreur, l’auteur a sans doute évoqué un message symbolique, un lien entre le grand et le petit, ou une génération et la suivante, etc.

L’inscription

Une inscription rappelle que « Cornelius Arrianus est couché ici (dans ce sarcophage). Ils est âgé 60 ans ». Je n’ai pas trouvé le texte exact ni sa référence. Peut-être ce personnage est-il lié à M. Cornelius Arrianus, flamine des empereurs à Aitona, commune de Catalogne, en Espagne, de la comarque de Segrià, au IIe s. ap. J.-C. (cf. G. Fabre, M. Mayer, I. Roda, Inscriptions romaines de Catalogne, II. Lerida, Paris, 1985, p.39, n°11) car le commentaire des auteurs précise que le surnom est rare en Espagne.

La photo de ce document a servi pour illustrer la couverture du colloque.

 
              


Bibliographie :


 
 
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