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  Egypte pharaonique   :|:   Analyse

Le port englouti de Thônis-Héracléion

29 décembre 2017 | par Francis Leveque | *fr | Ier millénaire av. J.-C. | Thônis-Héracléion, Egypte (Basse Egypte) ( Egypte )
 

Ce port longtemps oublié a été mis au jour au depuis le début des années 2000 par une équipe de l’IEASM dirigée par F. Goddio. Il comportait un ensemble portuaire au milieu d’îles et de canaux, et un ensemble religieux importants. Issu de la volonté des pharaons de contrôler les importations, la cité a-t-elle perdu son importance par la volonté d’un grec ou à cause de phénomènes naturels ?

Héracléion est le nom grec (en grec Ἡράκλειον) du port que les égyptiens nommaient Thonis (Θώνις). Cette ancienne cité de l’Égypte antique, située dans la baie de l’actuelle Aboukir, fut découverte en 2001 lors des fouilles archéologiques sous-marines menées par Franck Goddio, président de l’Institut européen d’archéologie sous-marine (IEASM) en collaboration avec le Conseil suprême des antiquités en Égypte.

Les deux villes de Thônis-Héracléion et sa voisine Canope ont été englouties en raison d’une activité sismique intense. On compte cinq tremblements de terre et raz-de-marée entre le IIIe siècle avant notre ère et 746, juste après la conquête arabe. Les deux cités auraient définitivement disparu lors de cette dernière catastrophe. Le lent affaissement – ou subsidence – de cette partie orientale de la Méditerranée et une légère remontée du niveau de la mer depuis l’Antiquité expliquent également cette disparition. Le résultat de tous ces facteurs a occasionné une différence de niveaux d’environ 8 mètres des terres immergées par rapport à leur niveau antique.

L’important commerce de Thônis-Héracléion
Dès le IIe millénaire av. J.-C., le commerce vers le nord et notamment vers le monde hellénique s’intensifie. La ville de Naucratis, située dans le Delta du Nil près de Saïs, capitale des pharaons saïtes, devient le principal comptoir grec en Égypte. Pour y accéder, les marchands helléniques doivent s’acquitter d’une taxe sur leurs cargaisons à Thônis-Héracléion, le poste douanier de l’Égypte, situé à l’embouchure de la branche la plus occidentale du Nil. C’est le début de la prospérité de la cité. les grecs et chypriotes apportent des métaux (argent, cuivre), du vin et de l’huile. Ils repartent avec des céréales, du natron, du sel, des huiles parfumées, des amulettes, des papyrus, etc. C’est aussi le lieu d’entrée des mercenaires grecs.
Les 700 ancres et les 16 épaves mises au jour lors des fouilles témoignent de cette intense activité.

La stèle ci-dessus a été rédigée par le pharaon Nectanebo Ier. Il y stipule le tarif douanier pour les marchandises entrant de Thônis-Héracléion à Naucratis. C’est aussi par cette stèle que nous obtenons la confirmation que Thônis et Héracléion ne sont qu’une seule et même ville.

La légende d’Osiris
Osiris, fils de la Terre et du Ciel, fut tué par son frère Seth. Ce dernier démembra le corps d’Osiris en 14 morceaux et les jeta dans le Nil. Isis, soeur-épouse d’Osiris, grâce à ses pouvoirs divins, remembra son corps, avant de lui rendre la vie et de concevoir leurs fils : Horus. Osiris devint alors le Maître de l’Au-delà et Horus, victorieux de Seth, eût l’Égypte en héritage.

On avait connaissance grâce à la stèle dite de Canope, découverte en 1881, à Kom el-Hisn (datée de 238 av. J.-C.) que dans le grand temple d’Amon, d’une ville nommée Thônis située dans la ville d’Héracléion, étaient célébrées, comme dans la plupart des villes d’Égypte, les cérémonies des Mystères d’Osiris. Elles se terminaient, selon le texte de la stèle, par une longue procession nautique sur le Nil qui emmenait Osiris du temple d’Amon à son sanctuaire de la ville de Canope. Ainsi, en 238 av. J.-C., la princesse Bérénice décédée se joignait à Osiris pour remonter depuis le temple d’Amon d’Héracléion, « le 29 du mois de Khoiak », jusqu’à son sanctuaire à Canope et profiter ainsi des louanges et des hymnes psalmodiés, des rites pratiqués par les prêtres et les vierges consacrées.

La fin du site de Thônis-Héracléion
Alexandre le Grand, roi de Macédoine conquiert l’Égypte en 332 av. J.-C. L’année suivante, il fonde la ville d’Alexandrie à 35 kilomètres de Thônis-Héracléion. À sa mort, en -323, son général et ami, Ptolémée, s’empare à son tour de l’Égypte. Il prend le titre de roi en 305 av. J.-C. et fait d’Alexandrie sa capitale. Le commerce est détourné vers Alexandrie. Est-ce la cause de l’abandon de Thônis-Héracléion comme port commercial ? L’enfoncement des structures de Thônis-Héracléion ne peut-elle justifier la décision d’Alexandre ? Ce serait alors la marque de sa volonté de prolonger l’activité à proximité et de la moderniser, et non pas de détruire l’organisation égyptienne millénaire.



Bibliografie :


F. Goddio, D. Fabre, Trésors engloutis d’Égypte, Seuil, Paris , 2006
 
 
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