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Le navire de Sidon
9 mars 2018 | par Francis Leveque | réf. : fr.870.2018
IIe siècle ap. J.-C. | [fr] sarcophage
Sidon, Phénicie ( Liban )

Ce navire a marqué la recherche. Il sert de point de comparaison avec tous les documents découverts postérieurement.

 

Ce bas-relief décorant le petit côté d’un sarcophage de Sidon est très utilisé pour illustrer le thème de la navigation ou celui de la Phénicie. Sa qualité, l’élégance du navire et la sensation de mouvement qu’il procure, en font une oeuvre de qualité.

Il a été découvert et publié en 1921 par G. Contenau. Il est conservé au Musée de Beyrouth mais le musée du Louvre en possède un moulage.

Le mat central présente des marques de cerclage. La vergue est composée de 2 pièces de bois assemblées. La manipulation d’un cordage est facilitée par une poulie. Il est difficile d’affirmer qu’il s’agisse d’un hauban ou d’un étai arrière. Quoi qu’il en soit ont compte 5 cordes fixées au sommet du mat. On peut ajouter les balancines qui supportent la vergue et les bras de chaque côté de celle-ci. Mais les 2 étais avant présentent une anomalie : leur extrémité basse inférieures se perdent dans un pli de la voile

La voile carrée est renforcée selon un quadrillage de bandes finement représentées. La voile de misaine est également carrée et renforcée. Mais contrairement à L. Basch, je ne suis pas certain que ce navire soit doté d’une voile triangulaire (sipparum) au dessus de la vergue sur le modèle du navire représenté sur le relief Torlonia du Portus Augusti d’Ostie.

A l’avant, L. Basch assimile la projection décorative au ferro qui orne encore les gondoles vénitiennes. Il s’agit d’une plaque métallique ornementale et apotropaïque. G. Contenau puis J. Sottas voulaient y voir « une sorte de logette où se tiendrait une vigie ou le matelot chargé de sondages ».
Contrairement au navire de Naevolia, il n’y a pas, au dessus de la proue, de passerelle horizontale avec un garde-corps. Cependant on distingue au dessous du ferro 2 traits parallèles qui sont les marques d’une passerelle rabattable qui permettait de débarquer par l’avant.

A l’arrière, on reconnait autour du col de cygne une plate-forme à rambarde très oblique mais dans le prolongement d’une autre rambarde surélevée à l’arrière du pont. L. Basch en déduisait l’existence d’une dunette, un pont surélevé sur toute la largeur de l’arrière.
Au dessus du col de cygne de la poupe et au sommet du mat central, on distingue deux petits drapeaux.

La coque ronde est sans doute montrée plus émergée qu’elle ne l’était en réalité. Elle est ceinturée par 4 préceintes étroites et rapprochées. Comme le signale L. Basch, « seule la préceinte inférieure va de l’étrave à l’étambot ».


Phoenician ship Carved on the face of a sarcophagus. 2nd century AD

 
              


Bibliographie :


G. Contenau, Mission archéologique à Sidon, in Syria , 1914, p. 35
L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p. 462-463, n° 1031-1033
N. Jidejian, L’histoire du Liban à travers les images , Librairie orientale, Beyrouth , 1992
 
 
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