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Le navire Europa de Pompei
réf. : fr.402.2009 | 21 juin 2009 | par Francis Leveque
graffiti | Milieu du Ier siècle ap. J.-C.
Pompei, Campanie ( Italie )
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Nous avons ici l’un des plus détaillés graffiti de navire de Pompéi. Il s’agit d’un navire de commerce dont le nom nous est indiqué. Il donne une impression de puissance et de calme pour réussir sa mission de transport en méditerranée.

 

Ce navire portant le nom d’« Europa » a donné son nom à la villa, située au nord-est de la ville (îlot I, 15,3), non loin de la Grande Palestre. Il se situe sur la paroi nord du péristyle. Il a été réalisé en hauteur de sorte qu’il faille forcément utiliser un marche pied pour l’atteindre. Très grand, il couvre une surface de 1m² environ.

Europa était, dans la mythologie grecque, la fille de Phoenix chez Homère, ou la fille d’Agénor, roi de Tyr. Elle avait 3 frères : Cadmos, Phoenix et Cilix. Europa fut enlevée par Zeus, qui l’avait séduite en se transformant en taureau blanc. Il l’emmena ensuite sur l’île de Crête où il lui fit 3 fils : Minos, Rhadamante et Sarpédon.

Ce navire est particulièrement détaillé.
Sa coque présente un profil inhabituel. La poupe est courbe, sa quille est plate et l’étrave est verticale. Deux imposantes préceintes courent sur toute la longueur de la coque.

Sa poupe est quasiment verticale et se termine par un bec de cygne. On y retrouve 2 gouvernails latéraux et une passerelle à mi-hauteur de la volute. Un mat porte un oriflamme.
A l’arrière le navire tire une chaloupe de secours dotée également d’une voile.

Le mat est surmontée d’une vigie dans laquelle un personnage est représenté. Cette vigie est représentée par un cercle qui pourrait également représenter un calcet car c’est le point de rencontre de l’étais vers l’avant et des 2 étais vers l’arrière. Il n’est pas impossible que le mat soit surmontée à son sommet par un autre oriflamme.

La vergue supporte une voile carrée. L’extrémité gauche (vers l’avant) de la vergue est reliée à la proue par un trait droit, il s’agit d’un bars qui sert à orienter la vergue et à l’incliner. L’autre trait vertical à droite du mat est peut-être la représentation maladroite de l’autre bras.
De nombreux traits provenant de l’arrière relient la vergue à distance régulière. Ce sont des cargues. Ces cordages servaient à replier la voile. Elles se rassemblent toutes au même point, à la poupe du navire près du timonier. La voile principale est dépliée ; elle est renforcée de bandes verticales. Chacun des deux angles bas de la voile est relié par un trait vers le pont. Ce sont les écoutes, qui permettent de tendre la voile.

Un mâtereau incliné, à l’avant, supporte une petite voile carré. Une seule ligne représentant une corde est visible. Elle relie l’angle de la voile à droite vers le pont. Il s’agit d’une écoute de cette voile.

Le nom "EUROPA" est écrit dans un cartouche, à l’avant du navire. Il est rare d’avoir l’indication du nom du navire. La coutume ne devait néanmoins pas être rare.

Parmi les personnages présents sur le pont on repère le timonier à la poupe.

 
 
                                                     
 

Bibliographie :

  • A. Maiuri, Navalia pompeiana, in Rendiconti dell'Academia di Archéologia, Lettere e Belle arti, vol. 33, Naples , 1958, p.21, fig. 2
  • L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p.469, n° 1051
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