Grèce siècles obscurs   :|:   Analyse

Le groupe du Dipylon d’Athènes

vues de profil


30 septembre 2012 | par Francis Leveque | *fr | céramique | VIIIe siècle av. J.-C. | Athènes, Attique ( Grèce )
 

Les galères aux rameurs immenses de cette série paraissent plutôt grotesque et personne ne pourrait y voir une représentation réaliste
en perspective « naturelle ».”

II existe un point commun parmi toutes les représentations de navires du Dipylon à tolets : les personnages qu’on y voit sont toujours
debout, ce ne sont jamais des rameurs (sauf le cas isolé du cratère du Louvre). Les personnages debout permettent la représentation de toutes les pièces du navire, les rameurs sont forcément en surimposition.

Les peintres du Dipylon ont au moins le mérite d’avoir essayé de faire figurer (au moins une fois) les rameurs sur les navires. Ils ont cherché la solution du problème de la représentation des rameurs (en réalité 2 côte à côte). Pour cela ils les ont décalé. C’est pourquoi les galères à rameurs du Dipylon ont l’aspect de dières à deux rangs de rames superposés. Par cette solution les rameurs venaient en surimposition au navire, masquant les tolets et une part du réseau de poutre de la structure.

Ces navires sont en tous points identiques aux navires contemporains mais dont la représentation comporte parfois des tolets et d’autres fois non. Les peintres qui ont montré ces navires de profil sont les précurseurs des siècles à venir.

Leur souci principal n’est certainement pas celui du réalisme : les cadavres sont souvent représentés dans les navires et non sur les flots, les rameurs sont disproportionnés. C’est pour cela que le réseau de traits horizontaux et verticaux a disparu, sauf la lisse de nage du côté spectateur. Noter que cette lisse de nage épouse systématiquement la courbure des gaillards.



Bibliographie :


L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p. 172
 
 
© 2008-2014 Francis LEVEQUE - |