Egypte pharaonique   :|:   Document

Le convoi du corridor 2 du mastaba de Ty (1)
7 décembre 2014 | par Francis Leveque | réf. : fr.1231.2014
2e moitié du XXVe siècle av. J.-C. | [fr] sculpture - sépulture
Saqqarah, Egypte (Basse Egypte) ( Egypte )
 

Ty a vécu sous plusieurs rois et sa tombe, commencée sous Neferirkare-Kakai et probablement été achevée sous Niouserre, milieu de la Ve dynastie . Son mastaba fut découvert en 1860 par Auguste Mariette.

La flottille se trouvent sur la paroi ouest du corridor 2, au dessus de la porte, dans le registre du bas. Elle comprend trois bateaux identiques, tous orientés à gauche. Ils utilisent la voile pour profiter du vent du nord soufflant dans la vallée, on en déduit qu’ils remontent le Nil vers le sud, ce que confirme la légende d’un autre bateau d’une autre scène.

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Dessin complet
Thierry Benderitter

Le dessin montre clairement la nature originale des mats employés : ils se composent de 2 mats liés entre eux, d’où le terme « bipode ». L’ensemble forme un triangle et permet de répartir les forces sur la structure. Cela permet également d’obtenir des mats très hauts et indéformables.

Ce mat est situé en position très avancée par rapport au centre de dérive, ce qui impose une seule allure possible, le vent arrière. Il est aussi amovible : il peut être couché sur le bateau ce qui signifie qu’il pivote sur un axe à son pied. Il est manœuvré et maintenu en position par de nombreux étais, surtout à l’arrière pour compenser la pression du vent. Un bras à chaque extrémité de la vergue permet de l’orienter. Ce type de mat apparaît à la IIIe dynastie et disparaît avec la VIe (2700 - 2200 avant J.-C. ).

La coque est en forme de croissant. Des perches supportent une poutre horizontale dont l’usage n’est pas clair : support pour le mat démonté ou cabine légère.

Les bateaux sont également mus à la rame. On compte plusieurs rameurs figurés sur chaque pont et des rames sans rameurs. Il semble que l’importance de ces embarcations nécessite 4 à 5 rames-gourvenail manœuvrées par des hommes debout.

Le navire de gauche, en tête du convoi mérite quelques remarques. A la base du mat on distingue une sorte d’objet de grande taille maintenu par des cordes. Ty se tient debout un peu plus loin, appuyé sur son bâton, comme l’indique la légende (2) « l’ami unique, gardien des couronnes, Ty ». En face de lui, un chef d’équipage courbe l’échine.

Légendes : La légende de gauche proclame : (1) « ouest vers le canal », qu’il faut comprendre comme le chenal où les eaux sont les plus profondes. Cet ordre est retransmis vers la poupe par le répétiteur.
L’homme de guet à la proue du second bateau signale : (4) « à droite, c’est la vraie eau », indiquant probablement l’eau libre, sans obstacle, renseignement qui est répété vers la poupe (5). Le répétiteur du troisième bateau transmet quant à lui : (6) « vers bâbord ».

 
        


Bibliographie :


P. MONTET, Les scènes de la vie privée dans les tombeaux égyptiens de l’ancien empire, Istria, Strasbourg , 1925
F. DAUMAS, G. GOYON, Le tombeau de Ti, in MIFAO 65, vol. I, Les approches de la chapelle par EPRON Lucienne, Le Caire , 1939
F. CORRARD, Des mats des voiliers de l’Ancien Empire à l’outil de levage et de manutention des blocs de pierre, in Bulletin de la Société Française d'Egyptologie, vol. 140 , 1997
 
 
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