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Le bateau de Nydam

27 décembre 2013 | par Francis Leveque | *fr | épave | 1ère moitié du IVe siècle ap. J.-C. | Germanie ( Allemagne )
 

Nous présentons ici le plus grands des trois bateaux découverts lors des fouilles à Nydam Mose. Les fouilles ont eu lieu dans la tourbière de Nydam, à Øster Sottrup au Danemark, en 1859,1863 et 1864 par l’archéologue Conrad Engelhardt. La guerre des Duchés (entre le Danemark et la Prusse) mit fin aux fouilles. Elles ont été complétées de 1989 à 1997 par Flemming Rieck, Institut d’archéologie maritime à Roskilde, au Danemark.

Trois bateaux ont été mis au jour. Le premier a été découvert en août 1863, et consistait en pièces d’un bateau en chêne qui avait été découpé et dispersé dans ce qui était encore un lac à l’époque.

Le second est en chêne. Il est complet et en très bon état de conservation. Il a été délibérément coulé dans l’eau du lac à courte distance de la rive.

Le troisième est en pin.

De nombreux artefacts ont été découverts au même endroit, qui devait être un lac sacrificiel : des armes (lances, épées, arcs et boucliers), des outils, des pièces de vêtements.

Le petit bateau en pin fut détruit pendant la guerre : il a servi pour les feux de camps par les troupes. Le bateau en chêne fut sauvé, changeant de lieux plusieurs fois pour finir au château de Gottorf, qui héberge le Landesmuseum du Schleswig.

Le Bateau de Nydam

La description reprend l’excellent propos de Aliochad, auteur de l’article dans Wikipedia.

Le bateau en chêne est le plus grand bateau trouvé sur le site : d’une longueur de 23 mètres pour une largeur de plus de 3 mètres. C’est le plus ancien bateau à rames connu de l’Europe du Nord ainsi que le premier exemple de bordage à clin.

Une large planche sert de quille. Elle est constituée d’une seule pièce de chêne de 14,30 mètres de long et épaisse de 57 cm à mi-coque pour s’affiner à environ 20 cm aux extrémités.

Le bordé est composé de 5 virures sur chaque bordée et se superposant. On a longtemps cru qu’elles étaient d’un seul tenant mais les dernières analyses réalisées lors de la datation dendrochronologique ont montré le contraire. Elles sont fixées au couples à l’aide de clous de fer. Les chevauchements des virures sont comblés avec des étoffes de laines et fixés à l’aide de rivets de fer.

Les membrures, faites d’une seule pièce de chêne, ont des encoches qui épousent parfaitement les taquets des virures. Lors de l’excavation, seulement neuf membrures, sur les dix-neuf d’origine, ont été retrouvées dont la plupart à l’état fragmentaire. Le haut du couple tient sur la cinquième virure grâce à une tête en forme de crochet, l’espace moyen entre les couples est d’environ un mètre. Les couples sont fixés sur les bordés à l’aide d’attaches de cordes.

Il devait être manœuvré par quinze paires d’avirons d’une longueur entre 2,2 et 3,4 mètres. La distance horizontale entre le milieu des bancs de nages et la position des avirons est d’environ 30 cm. La technique de nage devait se faire avec des coups d’avirons courts et rapides contrairement aux techniques suggérées par les navires ultérieurs.

Les bancs de nage sont très mal conservés et aucun de ceux qui se trouve sur le bateau actuel n’est d’origine.

Le gouvernail était de côté, prés de la poupe, était très mal conservé lors de sa découverte et Engelhardt en fit une copie pour les expositions. Actuellement il s’agit également d’une autre copie mais avec chance le dessinateur d’Engelhardt, Magnus Petersen, en fit un dessin très détaillé.

Au cours de la dernière année de la nouvelle campagne de fouilles, deux pieux de bois ont été découverts. Longs d’environ 1,4 mètre, ils sont ornés d’une tête d’homme. Ils ont été trouvés à proximité de la zone où se trouvait la proue du bateau. Des trous carrés traversent la tête à l’endroit où se trouveraient les oreilles. Il est possible que ces pieux étaient montés prés de la proue avec les têtes reposant sur le plat-bord et servaient peut-être de taquets d’amarrage.

Une datation par dendrochronologie indique des arbres abattus entre 310 et 320 ap. J.-C. Le sacrifice final qui vit le bateau couler dans le lac date environ de 340-350 ap. J.-C.



Bibliographie :


 
 
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