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Musée national d’Athènes




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gouvernail - hypozômata
Lampe à huile d’Athènes
21 avril 2013 | par Francis Leveque | réf. : fr.729.2013
VIe siècle av. J.-C. | [fr] bronze
Athènes, Attique ( Grèce )

Preuve la plus ancienne de la forme complète (en 3 dimensions) des galères grecques.

 

Cette lampe provient des fouilles de l’Erechteion d’Athènes (achevé en 406 av. J.-C.). Les lettres gravées sur la coque (signifiant « Sanctuaire d’Athéna ») sont celles en usage au IVe siècle. Mais la forme général du bâtiment est purement celle d’une galère du VIe s. av. J.-C. Il s’agit d’un modèle archaïque tardivement dédié à Athéna.

La forme de la carène dans une coupe transversale de la coque est très anguleuse alors qu’on s’attendrait à un fond plat pour permettre l’échouage plus aisément. Il semble donc cette caractéristique ait existé depuis fort longtemps et qu’elle permettait au navire de serrer le vent de plus près. On la retrouve sur le socle de la victoire de Samothrace et d’autres documents.

La poupe est formée de façon stylisée d’une tête d’oiseau dont l’œil rond a soigneusement été gravé. Quatre lignes incisées représentent 2 paires de préceintes et une rangée de cercles sous le plat-bord des sabords de nage.

La coque est “percée” de 10 sabords qui sont les emplacements d’autant de rames. Il sont indiqués sous la forme d’un petit cercle pointé en son centre.

Le plat-bord entre les 2 gaillards est traité sous forme de cordages. R.T. Williams a émis l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’une représentation maladroite de l’hypozôma, cordage dont l’existence nous est connue notamment par les inscriptions navales du Pirée, qui les mentionnent parmi les cordages des trières. Les hypozôma sont des câbles de tension disposés généralement à l’intérieur du navire. Il est compréhensible que l’iconographie ne soit pas d’un grand secours pour résoudre les nombreux problèmes que ces câbles nous posent. Leur représentation sur les bords n’a objectif que décoratif.

L’étrave est défigurée par la présence d’une petite écuelle qui ne fait naturellement pas partie du modèle du navire, mais de la lampe : elle servait de réceptacle à la mèche, alimentée par l’huile contenue dans la coque.

L’éperon est particulièrement intéressant à cause du plan vertical par lequel il se termine : mince comme une lame vu de plan et rectangulaire de profile, il apparaît comme une arme autrement redoutable que les graciles éperons géométriques.

 
           


Bibliographie :


J.S. Morrison, R.T. Williams, Greek oared ships 900-322 B.C., Cambridge U.P., Londres , 1968, p. 179
L. Basch, Trois modèles de navire en marbre au Musée de Sparte , in L Antiquité classique, vol. 38-2 , 1969, p. 442-444, fig. 5A
L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p. 229, n° 477
 
 
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