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Monde grec

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La pyxis de Tragana
11 janvier 2014 | par Francis Leveque | réf. : fr.1108.2013
Milieu du XIIe siècle av. J.-C. | [fr] céramique
Péloponnèse ( Grèce )
 

Cette pyxis a été découverte dans une tombe à chambre de Tragana, près de Pylos en Messénie. Son décor présente pour la première fois un type de navire totalement nouveau. Le professeur Korres a pu proposer une reconstitution complète du navire (à l’exception du sommet de la proue) grâce à la découverte des pièces manquantes. Cette reconstitution a été reprise ensuite par la plupart des spécialistes.

Elle daterait du milieu du XIIe s. av. J.-C.

La coque est indiquée par un long trait noir horizontal, se terminant à la poupe par une haute courbure. Le timonier se tient là, avec son gouvernail. La quille se prolonge un peu au delà de l’avant. L’étrave est verticale. Des traits verticaux au dessus de la quille représentent les couples qui s’élèvent jusqu’à un trait horizontal figurant le plat-bord.

Chaque couple est le point d’appui d’une rame (aucun tolet n’est figuré). Le nombre de 24 couples obtenu ici n’est certainement pas dû au hasard : il représente à une unité près celui des pentécontores, navires propulsés par 50 rameurs dont nous parle la littérature.

La voile est représentée ballonnée par le vent. Si les points d’amure (les angles inférieurs de la voile) se présentaient ainsi pour un spectateur de profil, il est vraisemblable que la voile devait alors être tendue entre 2 vergues. Au sommet du mat on aperçoit un calcet circulaire. Chacun des 2 anneaux devait permettre le passage d’une drisse.

Le trait partant du calcet vers la proue en certainement un cordage d’étais. Parmi les 4 autres partant vers la poupe, deux sont certainement des haubans. Les 2 autres représentent les drisses. Il est intéressant de remarquer que l’une d’entre elle s’attache à mi-distance de la poupe et du mat, tandis que l’autre vient s’attacher à proximité du timonier. Était-ce pour lui permettre de régler la voilure ?

Un important château de proue est fait de poutres horizontales et verticales, et d’entrecroises. Il permet à un homme de se tenir plus haut que le navire adverse tout en étant protégé par l’étrave. Homère désigne cette construction sous le nom d’ikria dans l’Illiade (XV, 435) et l’Odyssée (V, 163-164 ; V, 252-253 ; XII, 229,230).

A la poupe le timonier bénéficie également d’une structure. Il peut s’agir d’un abri comme d’un gaillard.

reconstitution de Kourouniotes ( L. Basch, n°298 A )

reconstitution de Sakellarakis puis P. Connolly ( L. Basch, n°298 B )

reconstitution de Korres puis Wedde et Wachsmann ( L. Basch, n°298 C )

Le dessin 3D de Shanower me parait la représentation la plus fidèle au document d’origine (sauf la figure de proue).

 
                                


Bibliographie :


Kourouniotes, Pylou mèssèniakès tholôtos taphos, in Arch. Ephemeris , 1914, fig. 14
I.A. Sakellaratis, Elaphantinon ploion ek Mykenon, in Archaiologike Ephemeris , 1971
P. Connoly, The legend of the Odysseus, Oxford University Press , 1986
L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p. 141-143, n° 297-298
E.D. Oren, The Sea Peoples and Their World A Reassessment, University of Pennsylvania, The University Museum, Philadelphia , 2000, p. 127-133, fig. 6.21-22
M. Wedde, Toward a Hermeneutics of Aegean Bronze Age Ship Imagery, Möhnesee : Bibliopolis, Mannheim , 2000, n° 602
S. Wachsmann , Seagoing Ships and Seamanship in the Bronze Age Levant, Rachal Foundation Nautical Archaeology , 2008, p. 135-139, fig. 7.17
 
 
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