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The Greek Age of Bronze

La marine mycénienne

20 avril 2015 | par Francis Leveque | *fr | 2e moitié du IIe millénaire av. J.-C. | ( Grèce )
 

La marine développée par les mycéniens répond à des besoins nouveaux, des voyages plus longs, du commerce plus important, des expéditions en nombre et des combats plus fréquents. Comment ont-ils pu imposer leur suprématie maritime pendant cinq siècles ?

L’apogée de la civilisation mycénienne se situe environ entre 1400 et 1200 av. J.-C. mais elle couvre une période bien plus longue s’étendant de 1650 à 1100 av. J.-C. environ, correspondant à la période de l’Helladique récent (fin de l’âge du bronze). Elle se caractérise par ses palais-forteresse, un style de poterie et son écriture, le linéaire B, la plus ancienne écriture connue transcrivant du grec. Ont-ils également développé un type de navire qui leur est propre ?

Les marines de l’Egée avant les mycéniens

La mer Egée était déjà fréquentée par des navires avant le développement de la culture mycénienne. Il existe donc déjà une culture maritime et des traditions de navigations anciennes sur lesquelles s’appuieront les mycéniens.

Alors que le type de Syros est le genre de navire le plus répandu dans l’Egée toute entière, témoignant d’une grande unité dans les traditions d’architecture navale, les Mycéniens apportent un changement, une évolution en réponse certainement à d’autres nécessités. Ce sont eux qui s’emparent également de la Crète au XVe s. av. J.-C. où existait une autre tradition ancienne et parallèle. Une telle invasion suppose d’importantes forces navales, d’autant plus qu’ils ne pouvaient ignorer que c’était sur mer que les Minoens basaient leur puissance. Ils ont donc développé une marine au moins à la hauteur de la marine minoenne.

Dans un tel contexte, il est normal de s’attendre à l’apparition d’un type de navires dont les Minoens n’avaient pas éprouvé la besoin, celui du navire spécialisé dans les opérations de guerre : le type de Tragana.

Dessin de Korres repris par Wedde et Wachsmann ( L. Basch, n°298 C ) reconstituant le navire présenté sur la pyxis de Tragana

Il est probable, étant donné la concentration des données comptables et économiques que révèle le déchiffrement des archives des palais de Pylos et de Cnossos, foyers d’une méticuleuse bureaucratie, que les flottes mycéniennes ont été, sinon la propriété personnelle du roi, du moins des groupes de navires organisés de manière à permettre au souverain d’exercer un droit de surveillance et surtout de réquisition très strict. Le Catalogue des Vaisseaux, au chant II de l’Iliade, qui attribue à chaque dynaste un nombre déterminé de navires, constitue probablement un reflet plus ou moins fidèle de cette situation dans laquelle chaque roi possède une flotte ou est en mesure, par son autorité, de la rassembler à un moment précis.

Une présence commerciale dans toute la Méditerranée

Si les Minoens s’étaient implantés hors de la Crète, notamment dans les Cyclades, Cythère, Milet, etc., les Mycéniens au contraire se sont lancés dans des expéditions commerciales bien plus lointaines, des îles Lipari à Chypre, dans de nombreuses îles de l’Egée, en plusieurs point de l’Asie Mineure. Les récits d’Homère en sont certainement les meilleurs échos.

La fin du monde mycénien

Vers 1200 les échanges économiques en Méditerranée Orientale s’écroulent et disparaissent. Les raisons en sont encore inconnues. Mais il est certain que vers 1000 la civilisation mycénienne a cessé d’exister : les palais royaux qui avaient été les axes de sa prospérité ont été incendiés et désertés. Là encore les causes sont objet de controverses. Mais l’affaiblissement de ces centres au cours du XIIe siècle est indéniable. Il est certainement la conséquence des désordres qui affectent tout l’espace méditerranéen, faisant soudain disparaître le royaume des Hittites, bouleversant le Levant, provoquant la destruction du grand centre d’échanges maritimes qu’était Ougarit, précipitant la décadence de l’Egypte, à laquelle la victoire de Medinet Habu ne devait accorder qu’un répit.

La chute brutale de la population de Grèce, révélée par l’abandon d’un grand nombre de centres habités, est l’un des aspects les plus frappants de cette période (V.R. d’A. Desborough, The greek dark ages, Londres, 1972, p. 19-20). Parallèlement de nombreux centres urbain du Levant sont détruits et des populations nouvelles mêlées à des populations locales s’installent sur des sites voisins. Ainsi en advient-il d’Ougarit, Gaza, etc.



Bibliographie :


L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p. 140-148
Ch. Doumas, Navigation tôt dans la mer Egée, in Periplous Histoire Navale, éd. Musée naval de la Grèce , 2000
 
 
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