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préceinte - sabords de nage - dalots
La coque de navire de l’acropole de Sparte
14 juillet 2016 | par Francis Leveque | réf. : fr.1556.2016
IIIe siècle ap. J.-C. | [fr] sculpture
Sparte, Péloponnèse ( Grèce )

L’étude tridimensionnelle de ce petit fragment montre l’ancienneté des coques anguleuses. Les galères ne sont pas nécessairement à fond plat.

 

Le navire sculpté sur ce fragment de geison (in. M 5009) en marbre blanc est brisé ; il manque donc la proue et la poupe. Il est daté de la fin du IIIe s. ou du IVe s. ap. J.-C

Le geison est une corniche horizontale qui constitue le cadre triangulaire d’un fronton avec les deux geisa rampants.

Dimensions :
- Longueur : 138 cm

La forme de la partie de la coque qui subsiste est en arc de cercle symétrique. L. Basch estimait que cette symétrie ne pouvait appartenir qu’à un navire marchand. Les 4 lignes courbes accolées sont pour lui 4 préceintes. Mais ce type de préceintes accolées ne parait utilisé qu’à partir du IIIe s. comme on le voit sur une mosaïque de Thémétra (L. Foucher, p. 12, fig. 4).

Au dessus des préceintes, une ligne de trous carrés est difficile à interpréter. On retrouve rarement ces trous carrés sur les documents mais il sont indiscutablement identiques sur le sarcophage de Jonas au Vatican. J. Guillerme les interprétait comme des sabords de nage. Comme L. Basch envisage un bateau de transport, il excluait cette interprétation et y voyait plutôt (avec des réserves) des dalots, ces trous au ras du pont qui permettent d’évacuer les eaux embarquées.

Quelle que soit l’interprétation, il est clair que le sculpteur a entendu montrer un navire contemporain et non une copie d’un navire ancien.

Analyse du modèle


Vue en plan du navire faisant partie du fragment de geison M 5009 du Musée de Sparte. Les hachures indiquent les parties brisées (L. Basch)

Le fragment conservé représente la coque entière du bateau, à laquelle s’ajoute un tenon pour l’encastrer dans la maçonnerie de la paroi de son support.

La coupe transversale de la coque apporte un renseignement important : le fond n’est pas plat mais le bordage présente plutôt avec la quille une forme très anguleuse comme sur les épaves de Mahdia (fig. 4 C), du Grand Congloué (fig. 4 A) et de la Chrétienne A (fig. 4 B). Mais elles peuvent aussi être arrondies comme sur le socle de la victoire de Samothrace.

L. Basch fait remarquer que cette forme anguleuse ne facilitait pas l’échouage qui semble être le procédé le plus courant pour aborder une côte ou un port. Mais « les formes courbes ou anguleuses étaient plus marines que celles de chalands à fonds plats. Mais surtout, les formes très anguleuses, telles celles du « modèle » de Sparte, fournissaient un plan de dérive important : cette caractéristique permettait au navire de serrer le vent de plus près, et par conséquent d’être moins dépendant de la direction du vent » (L. Basch). Pour cela il faut leur adjoindre un gréement adapté. Une solution pourrait être la manœuvre décrite par Aristote (Mechanica, VII, 851, b6) consistant à carguer l’une des extrémités de la voile carrée en vue d’obtenir une voile triangulaire et ainsi obtenir une allure au plus près.

 
              


Bibliographie :


, Navires et barques figurées sur des mosaïques découvertes à Sousse et aux environs , 1957, p. 12, fig. 4
J. Guillerme, Comment les Anciens gouvernaient les navires, in La Nature, vol. 3313, mai , 1961, p. 205, fig. 8 et 9
L. Basch, Trois modèles de navire en marbre au Musée de Sparte , in L Antiquité classique, vol. 38-2 , 1969, p. 439-446, pl. V
 
 
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