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Rome Impériale
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La Villa romaine du Casale
réf. : fr.1734.2018 | 14 novembre 2018 | par Francis Leveque
mosaïque | Milieu du IVe siècle ap. J.-C.
Sicile ( Italie )

Cette villa est l’une des plus grandes et des plus luxueuses connues dans le monde romain. Le thème marin est omni présent mais bien souvent simplifié. Il apporte un thème plaisant et dépaysant dans ce site de l’arrière-pays sicilien.

La villa du Casale se situe en Sicile du sud, près de la ville de Piazza Armerina. Sa construction a débuté à la fin du IIIe siècle ap. J.-C. mais elle couvre une autre villa antérieure. La plupart des décors semblent avoir été réalisés dans les années 320-350 ap. J.-C. Son propriétaire est inconnu même s’il est probable qu’il appartienne au Sénat et peut-être même de la famille impériale. Le luxe du bâtiment laisse à penser qu’il disposait assurément d’une immense fortune.

La villa compte une trentaine de pièces décorées de mosaïques pour une surface totale de près de 3500 m². Parmi ses décors figurent les célèbres femmes en bikini mais aussi de nombreux personnages, des décors géométriques, jeux du cirque, mythologie, scènes de la vie quotidienne. Le thème de la mer est très présent, le propriétaire a fait représenter de nombreux bateaux sur plusieurs panneaux. La plupart des murs étaient peints mais les fresques sont presque toutes perdues.

La villa

On pénétrait dans cette somptueuse résidence par une cour extérieure à portique via un vaste et imposant vestibule. Le tracé était évidemment conçu pour impressionner les visiteurs. Le vestibule comporte un péristyle rectangulaire (un porche à colonnades entourant une cour ouverte) d’environ 30m sur 22m, orienté approximativement est-ouest et doté d’une magnifique fontaine sur toute la longueur.

La villa ne comporte qu’un rez-de-chaussée. L’organisation spatiale rayonnait autour du péristyle. Au delà de ce péristyle on accède à différentes salles : le triclinium (salle à manger) illustrée par les douze travaux d’Hercule, une palestre, un atrium, de nombreuses chambres. Les thermes étaient alimentés en eau par un aqueduc et chauffés par le système de l’hypocauste (par le sol).

Le site a été endommagé, voire détruit sous la domination des Vandales et des Wisigoths dans la 2e moitié du Ve siècle. Mais les bâtiments sont restés en usage, du moins en partie, pendant la période byzantine et arabe. Aux Ve et VIe siècles, la villa fut fortifiée à des fins défensives en épaississant les murs d’enceinte et en fermant les arcades de l’aqueduc.

Patrimoni dell’Unesco - Piazza Armerina

Le site a finalement été définitivement abandonné quand un glissement de terrain a recouvert la villa au 12e siècle. Les habitants se sont alors déplacés vers l’emplacement actuel de Piazza Armerina.
L’existence de la villa a été presque entièrement oubliée. Certaines parties les plus hautes ont toujours été au dessus du sol. Et le domaine a été utilisé pour la culture.

Les navires de la villa

Certains historiens de l’art ont relevé des différences stylistiques entre les sols en mosaïque. Les scènes mythologiques ou allégoriques, comme le poète arion entouré de créatures marines de la chambre d’arion sont plus naturalistes que les scènes domestiques ou de genre, comme les pêcheurs du hall de pêche aux amours. La réalisation peut donc avoir été confiée à différents ateliers contemporains ou successifs. De plus le programme architectural montre des ajouts successifs comme le prouve la salle de la mosaïque des femmes en bikinis qui a été réalisé par dessus un autre sol de décors géométriques.

La grande chasse montre 3 formidables navires de transport d’animaux. Ces bateaux témoignent du gigantesque marché que représentaient les jeux de Rome. Pour satisfaire la population romaine, les commerçants de Sicile et d’Afrique ont fourni de grandes quantités d’animaux sauvages. Pour cela il fallait bien les transporter, bien sûr en bateau.


Bibliographie :

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  • H.-I. Marrou , Sur deux mosaïques de la villa romaine de Piazza Armerina, vol. 35, Christiana tempora. Mélanges d'histoire, d'archéologie, d'épigraphie et de patristique , Publications de l'École Française de Rome , 1978, p. 253-295
  • A. Carandini, A. Ricci, M. De Vos, Filosofiana. La Villa del Casale di Piazza Armerina. Immagine di un aristocratico romano al tempo di Costantino, S.F. Faccovio, Palerme , 1982, 414 p. : ill.
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  • B. Steger, Recherches sur l’iconographie des mosaïques de Piazza Armernai (thèse), Atelier national de reproduction des thèses, Lille , 2006
  • D. Bertolami, La Villa del Casale di Piazza Armerina, in I siti patrimonio dell'umanità, vol. 4, Experiences , 2015, 121 P.
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