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L’éperon libyen de Belgammel
4 mai 2013 | par Francis Leveque | réf. : fr.769.2013
IIIe siècle av. J.-C. | [fr] bronze
Libye ( Libye )
 

La découverte

L’éperon de Belgammel a été découvert en 1964 par un groupe de 3 anglais sur la côte libyenne à l’embouchure d’une vallée appelée Waddi Belgammel, près de Tobrouk. A l’aide d’un canot pneumatique et d’une corde, ils le traînèrent jusqu’à 25 mètres de la surface. Il a ensuite été ramené au Royaume-Uni comme un souvenir, mais lorsque les plongeurs ont découvert qu’il s’agissait d’une antiquité rare, l’éperon a été prêté au Fitzwilliam Museum de Cambridge.

Ken Oliver est le seul membre survivant de ce groupe de trois et le propriétaire effectif. Il a décidé en 2007 que l’éperon devait être renvoyé à un musée en Libye. Avec l’aide de la British Society for Libyan Studies cela a été établie en 2010. Dans l’intervalle Dr Nic Flemming a invité des experts d’entreprendre des enquêtes scientifiques avant le retour en Libye dans le National Museum de Tripoli en mai 2010.

L’étude

longueur : 65 cm long ; poids : 20 kg

Les fragments de bois à l’intérieur de l’éperon montrent des signes de feu, et nous savons maintenant que certaines parties du bronze avaient été chauffées à une température élevée après qu’il ait été moulé ce qui a changé la structure cristalline. Le navire peut avoir pris feu et le bélier est tombé dans la mer.

Dr Chris Hunt et Annita Antoniadou de l’Université Queen de Belfast ont utilisé la datation au radiocarbone sur le bois brûlé trouvé à l’intérieur et le datent de 329-203 av. J.-C. Cette date est compatible avec le style des tridents et le motif d’oiseau sur le haut de l’éperon, qui ont été révélées en détail par des images laser numérisées prises par l’archéologue Dr Jon Adams de l’Université de Southampton.

Après analyse, la composition moyenne de l’alliage a pu être défini : Cu = 86,9%, Sn = 6,3%, Pb = 6.6%, et Zn = <0,10%. Ces résultats indiquent la probabilité que l’éperon de Belgammel a été moulé en une seule pièce et refroidi comme un objet unique. La caractérisation des isotopes de l’élément plomb trouvé dans le bronze (alliage de cuivre et d’étain) peut être utilisé comme une empreinte digitale permettant de révéler l’origine du minerai de plomb utilisé dans la fabrication de l’alliage métallique. Le résultat montre que le composant principal du métal aurait pu provenir de Lavrion, région de l’Attique en Grèce.

Conclusion

La forme du bronze ne permet pas de l’identifier comme l’éperon principal maintenu sous l’eau devant la proue d’un navire de guerre. Il est en effet fixé sur une courbure incompatible avec une fixation à l’extrémité de la quille. C’est pourquoi L. Basch l’attribuait à un navire de commerce dont la courbure de l’étrave lui semblait correspondre.

L’éperon de Belgammel est plus probablement un “proembolion” placé au‑dessus du rostre, d’époque hellénistique ou romaine. Quant à l’attribuer à un petit navire militaire ou tesseraria, ou même à un navire de commerce équipé militairement, cela me semble un peu hasardeux.

 
                 


Bibliographie :


L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p. 407-408, n° 866-867
M.G. Pridemore, The form, function, and interrelationships of naval rams : a study of naval rams from antiquity, Texas A & M University , 1996
J.R. Adams, A. Antoniadou, C.O. Hunt, P. Bennett, I.W. Croudace, R.N. Taylor, R.B. Pearce, G.P. Earl, N.C. Flemming, J. Moggeridge, T. Whiteside, K. Oliver, A.J. Parker, The Belgammel Ram, a Hellenistic-Roman Bronze Proembolion Found off the Coast of Libya : test analysis of function, date and metallurgy, with a digital reference archive, in International Journal of Nautical Archaeology, vol. 42, Academic Press , Londres , 2013
 
 
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