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L’épave phénicienne Mazarrón 2
25 mai 2016 | par Francis Leveque | réf. : fr.1425.2016
VIIIe siècle av. J.-C. | [fr] épave
Mazarrón, Hispanie ( Espagne )

Cette barque devait servir au transport local. Son faible tirant d’eau en fait un moyen de transport idéal sur les fleuves et sur les côtes espagnoles.

 

Cette épave est la seconde épave découverte en 1998 au large de Mazarrón, en Espagne. Datée du VIIIe siècle av. J.-C. elle est attribuée aux phéniciens.

Elle est mieux conservée que la première épave Mazarron1, découverte en 1980 : sur une longueur de 8,10 m de la poupe à la proue, une largeur d’environ 2,25 m, 0,90 m de hauteur et 1,10 m d’entretoise. Elle conserve également toutes ses membrures en figuier sauf une, cousues avec des fibres végétales.

Du pin avait été utilisé pour la coque, fixée par un système de pointe. Les virures qui la composent ont une épaisseur comprise entre 19,9 et 2,3 cm. Elles sont assemblées par tenons et mortaises de 3,5 cm de largeurs, 0,5 cm d’épaisseur et 8,7cm de profondeur. Les chevilles qui les maintiennent sont coniques avec un diamètre de 0,8 cm environ. Les membrures cylindriques sont d’un diamètre de 4 cm environ, tous les 50 cm. Elles sont liées à la coque par des ligatures passant par 4 trous perpendiculaires aux planches de la coque.

L’assemblage de la quille avec l’étambot est très particulier.

La barque ne semble pas pontée. Mais 7 baux fixés à leurs extrémités sur les dernières virures du bordé par un assemblage en queue d’aronde viennent renforcer la charpente transversale. Ils servaient aussi de bancs.

Elle avait une cargaison encore en place, de 2 820 kg de plomb en lingots, son ancre. Vu les dimensions de la barque et son faible tirant d’eau, son usage devait être limité à une zone à proximité du lieu du naufrage, dans les lagunes et les rivières des côtes de la péninsule Ibérique antique. Au maximum elle aurait pu transporter 4 tonnes environ. L’une des amphores de l’épave est de type Trayamar 1, sans doute remployée, en usage de 625 à 570 av. J.-C. environ.

Le Museo Nacional de Arqueología Subacuática de Cartagena expose une copie de l’épave.

Histoire de la technique navale

La construction du bateau mêle assemblage par tenons et mortaises d’une part, et ligatures d’autres part. Si la première technique montre l’influence phénico-punique, la seconde traduit la persistance d’une tradition navale locale qui semble avoir survécu. Le profil du bateau est un troisième élément pour le rapprocher du bateau de Binissafuller.

 
           


Bibliographie :


C. De Juan, Les épaves de Mazarron et de Binissafuller. La tradition ibérique d’influence punico-phénicienne, in Dossiers d'Archéologie , vol. 364 , Ports et navires dans l'Antiquité et à l'époque byzantine, Faton , 2014
 
 
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