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L’épave phénicienne Mazarrón 1
23 mai 2016 | par Francis Leveque | réf. : fr.1424.2016
2e moitié du VIIe siècle av. J.-C. | [fr] épave
Mazarrón, Hispanie ( Espagne )
 

Cette épave est la première des deux découvertes au large de Mazarrón, en Espagne, en 1980. Elle est mal conservée et écrasée. Elle est datée de la 2e moitié du VIIe s. av. J.-C. et fut sans doute la première embarcation phénicienne de cette époque découverte en Méditerranée.

Elle se trouve à environ 50 m du rivage et 2,5 m de profondeur seulement. Elle était couverte par une couche d’herbes de mer mortes qui avait scellé hermétiquement le bateau (ce qui a permis la conservation).

Le projet ’Nave Fenicia’ commencé en octobre 1993 et conclu en juin 1995 ; a consisté à prospecter systématiquement 72.000 m² à la Playa de la Isla Mazarrón (Murcia) où il a été récupéré plus de 7.000 fragments d’objets phéniciens.

Le bateau est incomplet. Il reste la quille sur 4,98m, et l’extrémité d’un côté comprenant 4 cadres attachés à 9 virures fragmentaires. C’est un bateau construit sur « bordé premier ». Les planches sont maintenues entre elles par des tenons et mortaises, technique considérée comme phénicienne. Les tenons sont étroits et allongés, puis bloqués par des chevilles coniques. Certaines virures du bordé sont perforées pour permettre le maintien par couture.

Les liaisons entre la quille et l’extrémité (il n’a pas pu être déterminé s’il s’agit de l’étrave ou de l’étambot) ne sont pas faites avec un trait de Jupiter mais pas un simple encastrement renforcé latéralement par des ribords.

Les membrures sont de profil cylindrique, d’un diamètre de 8-10 cm. Quatre ont été conservées. Espacées d’environ 40 cm, elles sont fixées à la coque par des ligatures externes croisées. Elles passent dans l’épaisseur de la coque par des trous percés à 90° par le côté et le dessus.

On a trouvé de la résine sur les deux côtés des planches : la résine a servi à calfater le bateau.

La majeure partie des objets découverts sont des céramiques (70%) : amphores, casseroles, poêles, assiettes, verres, etc. , un scarabée en argent et un fer de lance.

Histoire de la technique navale

La construction du bateau mêle assemblage par tenons et mortaises d’une part, et ligatures d’autres part. Si la première technique montre l’influence phénico-punique, la seconde traduit la persistance d’une tradition navale locale qui semble avoir survécu. On peut donc rapprocher cette épave du bateau de Binissafuller.

 
        


Bibliographie :


C. De Juan, Les épaves de Mazarron et de Binissafuller. La tradition ibérique d’influence punico-phénicienne, in Dossiers d'Archéologie , vol. 364 , Ports et navires dans l'Antiquité et à l'époque byzantine, Faton , 2014
 
 
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