De la même région antique
Iles de l’Egée
|Déplier Analyses
|Déplier Documents
De la même période
Rome Républicaine

  Rome Républicaine   :|:   Analyse

L’épave d’Anticythère

18 juin 2016 | par Francis Leveque | *fr | épave | 2e quart du Ier siècle av. J.-C. | Anticythère, Iles de l’Egée ( Grèce )
 

L’épave découverte au large d’Anticythère est sans doute celle qui possède le plus fabuleux chargement.

Le naufrage

Les monnaies découvertes dans l’épave (32 tétradrachmes de Pergame et 4 tétradrachmes d’Éphèse) ont été émise en 87 av. J.-C. Lors de la guerre entre Rome et Mithridate VI, roi du Pont, Athènes est prise par Sylla en 86. Il passe ensuite en Asie Mineure où il rase Pergame. De là des navires romains repartent chargés d’œuvres d’art grecques. Certains archéologues pensent que ce bateau fait partie de ceux qui ont transporté les oeuvres d’arts et autres richesses grecques vers Rome. Des pirates grecs auraient attaqué celui-ci depuis leur repaire d’Anticythère et il aurait coulé.

L’épave

En 1900, peu avant Pâques, des pêcheurs d’éponges de l’île grecque de Symi découvrent l’épave et une partie de sa cargaison, par 40 mètres de profondeur. Dans un premier temps, ils remontent à la surface le bras droit d’une statue de bronze plus grande que nature. De novembre 1900 à septembre 1901 une campagne de fouilles, à laquelle participent les plongeurs de Symi impliqués dans la découverte, permet d’identifier le bateau et de remonter quelques objets.

En 1953, l’océanologue français Jacques-Yves Cousteau a plongé sur l’épave. En 1976, il met son bateau, la Calypso, à la disposition du gouvernement grec pour récupérer une partie de la cargaison qui comprend des centaines d’objets, dont des statues en bronze et en marbre. Les pièces de monnaies remontées permettent de dater le naufrage juste après 87 av. J.-C. Mais la trouvaille la plus fameuse reste le "mécanisme d’Anticythère", la plus ancienne machine à calculer astronomique qui se présente sous forme d’une boîte de 33 cm de haut et 18 cm de large.

Lors des fouilles de 2014, les archéologues ont mis au jour un second emplacement comprenant des amphores, une lance en bronze provenant certainement d’une statue, une bague en bronze, une partie de l’ancre et des pichets intacts. Le ministère de la Culture hésite entre la présence d’un second navire ou la réévaluation de la taille du bateau qui aurait alors atteint 50 mètres. Parmi les nouveaux objets retrouvés sur l’épave, figure une lance de bronze de 2 mètres de long, probablement rattachée à l’origine à une statue de grande taille.

Outre la réalisation d’une cartographie complète des lieux en 3D en 2014, les archéologues ont répertorié dans un logiciel toutes les avancées réalisées depuis la découverte du navire.



Bibliographie :


F. Dumas , Épaves antiques : introduction à l’archéologie sous-marine méditerranéenne, G.-P. Maisonneuve et Larose, Paris , 1964, p. 24
P. Pomey, La navigation dans l’Antiquité, EDISUD, Aix-en-Provence , 1997, p. 181-182
 
 
© 2008-2014 Francis LEVEQUE - |