Rome Républicaine   :|:   Document

L’autel de Claudia Sintyche
9 septembre 2013 | par Francis Leveque | réf. : fr.859.2013
Milieu du Ier siècle av. J.-C. | [fr] sculpture
Rome, Latium ( Italie )

Entrée légendaire et magnifiée de la déesse Cybèle à Rome, ou comment les cultes orientaux ont été adoptés par les romains.

 

Cet autel en marbre a été découvert sur ​​la rive du Tibre au pied de l’Aventin, sous le pontificat de Clément XI entre 1700 et 1721 ap. J.-C. Le déménagement dans les années 1990 - tant que permanente ou seulement temporaire - de nombreux éléments de sculpture provenant des collections du Capitole dans le Musée de la Power Plant Montemartini a donné une nouvelle visibilité à cet autel et plusieurs autres.

La face de l’autel porte une inscription dédicatoire et fait allusion à l’arrivée par bateau à Rome de la déesse Cybèle. Sur la face arrière deux flûtes phrygiennes rappellent les origines phrygiennes de Cybèle.

“L’image centrale est un petit bateau avec un panache arrière incurvé et une proue se terminant en volute. La déesse trônant au centre devrait probablement être imaginé dans la coquille de aedicula (un petit temple) derrière elle. Elle est entièrement enveloppée d’un voile, chiton et himation avec une main posée sur son genou. Une corde est entourée autour de la proue. L’extrémité est tenue d’une main légère par une femme placée obliquement par rapport à l’avant du bateau. Elle a aussi la tête voilée et elle porte une tunique enveloppée étroitement sur ​​sa poitrine et attachée à la manière de la déesse, mais son manteau est vaguement drapée sur le bras libre. L’inscription dédicatoire nomme la déesse et, étonnamment, donne un nom au navire (CIL VI 492).” [E. W. Leach]

matri.deum.et navi salviae
salviae voto suscepto
claudia synthyche
d(onum) d(edit)

“Pour la mère des dieux et le navire salvia - Comme dans un vœu fait à Salvia - Claudia Syntyche - dédie ce cadeau”.

Le frère de Claudia est P. Clodius Pulcher qui était en conflit avec Cicéron en matière politique. Dans les deux passages Pro Caelio 14.34 et de Haruspicum Responsis 13.27, Cicéron se réfère à la fameuse vertu de Claudia Quinta impliquée dans la réception de la déesse Cybèle, Magna Mater (événement relaté par Aurelius Victor, de viris illustribus, 46). La déesse est arrivée à Rome par bateau à partir de son siège en Asie Mineure durant l’année 204 av. J.-C.

Son navire s’enfonce dans la vase du Tibre alors très bas à cause de la sécheresse. Les hommes essayent de le remorquer avec une corde mais il ne bouge pas. La consultation des livres sibyllins indique que seule une femme très chaste pourrait le déplacer. Claudia Quinta prie alors la déesse de la suivre. Elle attache sa ceinture au navire et le remorque à elle seule. La déesse prouve ainsi la pureté de la jeune femme.

C’est l’histoire que rappelle l’illustration de l’autel.

 
                 


Bibliographie :


E. W. Leach, Claudia Quinta (Pro Caelio 34) and an altar to Magna Mater, in Dictynna, vol. 4 , 2007
I. VILOGORAC BRČIĆ, NAVISALVIA, THE SAVIOUR OF CYBELE’S SHIP, in Histria Antiqua, vol. 21 , 2012
 
 
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