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L’Olympias, reconstitution d’une trière athénienne

18 juillet 2011 | par Francis Leveque | *fr | Reconsitution | Ve siècle av. J.-C. | Athènes, Attique ( Grèce )
 

L’Olympias est une reconstruction d’une trirème athénienne antique et un exemple important de l’archéologie expérimentale. Elle a été construite de 1985 à 1987 par un constructeur de navires au Pirée. Les finances sont venues de la marine hellénique et des donateurs tels que Frank Gallois (un banquier du Suffolk, un auteur et un amateur de trirème).

Le bâtiment a été conseillé par les historiens J.S. Morrison et John F. Coates et le professeur Charles Willink de classiques, qui avec Gallois ont fondé the Trireme Trust qui a lancé le projet. The Trireme Trust est maintenant présidée par professeur Boris Rankov (Royal Holloway University of London).

La reconstruction d’un tel bâtiment s’est confronté à un important manque de connaissances. Les études classiques évoquent fréquemment l’usage des navires de guerres et certaines généralités (taille, nombre de rames, etc.) mais les détails utiles à leur construction font défaut. Aunce épave de tels navires de guerre ne vient non plus renseigner les spécialistes, sans doute parce que ces navires ne coulaient pas, ou parce que leur chargement ne les protégeaient pas du temps (comme les amphores ont pu protéger les bateaux de commerce sur les fonds marins).

L’expérience a permis de contrôler les suggestions de disposition des rameurs sur 3 niveaux. Chacun de ces rameurs doit apporter la même force motrice avec une fatigue équivalente. Ils forment un total de 170 rameurs.

Les virures formant le bordé sont maintenues entre elles par un assemblage de tenons et mortaises à espaces réguliers.

L’éperon de bronze pèse 200 kg. Le bateau a été construit en pin de l’Orégon et en chêne de la Virginie.

L’hypozomata (la corde d’attache) a dû être remplacée par un câble en acier car ni les cordes de fibre naturelle, ni les cordes synthétiques n’ont pu apporter la même élasticité que les corde de chanvre. Sa tension variait quand la coque pliait sur les vagues, plutôt que d’exercer une tension constante comme une corde de fibre naturelle. Cela aurait pu faire casser l’ensemble et mettre en danger l’équipage. Aussi des mesures de sauvegarde ont dû être adaptées.

La trière a été mise à l’épreuve de la mer en 1987, 1990, 1992 et 1994, mais l’un des exercices les plus instructifs était un exercice de 1987 avec un équipage de 170 rameurs et rameuses volontaires. L’Olympias a réalisé une vitesse de 9 noeuds (17 km/h) et pouvaient exécuter des demi-tours de 180 degrés dans un délai d’une minute, sur un arc pas plus grand que deux longueurs et demi (2,5) de navire. Ces résultats, réalisés avec un équipage inexpérimenté, suggèrent que les auteurs antiques n’avaient pas exagéré au sujet des possibilités de tels navires.

En 2004 l’Olympias a été employée pour transporter la flamme olympique du port de Keratsini au port principal du Pirée.



Bibliographie :


 
 
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