Grèce archaïque   :|:   Document

Kylix de Dionysos peinte par Exékias
3 juin 2016 | par Francis Leveque | réf. : fr.1460.2016
3e quart du VIe siècle av. J.-C. | [fr] céramique
Athènes, Attique ( Grèce )

Le triomphe Dionysos, banquetant sur la mer vineuse, rappelle au banqueteur humain qu’il est le maître incontesté du végétal et de l’espace marin, mais également des métamorphoses et des métaphores imagées.

 

La kylix de Dionysos a été découverte dans la cité étrusque de Vulci, en Italie. Elle a été peinte par Exékias, ce qui date l’œuvre vers 1530.

Dimensions :
- hauteur : 13,6 cm
- diamètre : 30,5 cm

Le fond de la coupe à vin est utilisé comme surface pour peindre la scène principale.

Exékias est un peintre sur vase et céramiste d’Athènes entre 550 et 525 av. J.-C. Il peignait principalement selon la technique dite de la figure noire, utilisée pendant une période relativement courte.

Le navire est orienté à gauche. La coque est fine, sans sabords de nages. Une préceinte haute parcoure toute sa longueur juste sous le sommet du bordé. Une lisse fixée sur des piquets sert de rambarde ou d’appuis aux rames (absentes). La poupe s’élève selon une courbe et se termine par une tête d’oiseau, bec vers le bas. On compte deux gouvernails et une échelle d’embarquement. A la proue un gaillard (vide) protégeait ses occupants. Au dessus d’un éperon pointu, en forme de groin très allongé comme le boutoir du sanglier, l’étrave est verticale.
Le mat est cerclé (peut être composé de plusieurs pièces) et son extrémité se termine par un calcet comme à l’époque géométrique. La voile carrée, gonflée par le vent arrière, est fixée à une vergue courbe.

Par dessus le mat et la voile pousse une vigne envahissante qui a donné 7 grappes. Autour du bateau on compte également 7 dauphins. Il n’y a aucun équipage, ni aucune présence humaine. Seulement Dionysos jeune, couronné de lierre, tenant une corne à boire, lors de son premier voyage en bateau vers Athènes. Il est allongé, de tout son long, sur le pont comme sur un lit de banquet. D’après l’Iliade, des pirates ont capturé son navire et peuvent le vendre comme esclave.
Seul le pilote, qui suspecte la nature divine du passager, intervient en sa faveur, mais en vain. Les liens qui attachent le dieu se défont, le vin jaillit sur le pont, une vigne couvre la nef et grimpe au mât, ce qui effraye tellement les pirates qu’ils sautent par-dessus bord. Ils sont alors transformés en dauphins.

 
           


Bibliographie :


J. D. Beazley, Attic Black-Figure Vase-Painters, Clarendon Press, Oxford , 1956, p. 686, n° 146.21
F. Lissarrague, Un flot d’images. Une esthétique du banquet grec, A. Biro, Paris , 1987
 
 
© 2008-2014 Francis LEVEQUE - |