Egypte pharaonique   :|:   Synthèse

Gravures de bateaux dans les déserts égyptiens

25 septembre 2014 | par Francis Leveque | *fr | graffiti | IIIe - IVe millénaire av. J.-C. | Egypte (Haute Egypte) ( Egypte )
 

Il est toujours surprenant de repérer des gravures de bateaux à une certaine distance de lieu navigables. C’est encore plus surprenant en milieu désertique. En quoi il a été utile à un homme de réaliser une telle gravure si loin du Nil ou de la mer ? Quelle signification peut avoir ce geste ? Les questions sont identiques pour les scènes peintes.

Il existe de nombreux sites d’art rupestre dans les déserts de l’Est, de l’Ouest et aux bords de la vallée du Nil. Souvent ces sites sont peu éloignés du Nil, parfois visible même depuis le Nil.

Des sites paléolithiques comme El-Hosh et Qurta, ou la grotte de Djara, dépassent notre sujet même s’ils sont très intéressants pour connaître l’environnement de leur époque.

Les déserts de l’ouest

La région thébaine (région autour de Louxor), appelée le désert thébain, située à l’ouest de Louxor, est prospectée depuis plus de 15 ans par les Darnell avec le projet « Theban Desert Road Survey ». Parmi les nombreux sites référencés, le plus connu est le Gebel Tjauti, découvert en 1995, avec un grand graffiti d’un combat militaire remontant, peut-être, au règne du roi Scorpion (dynastie 0, vers 3250-3300 av. J.-C.).

Les déserts de l’est

Dans la région d’Assouan « the Aswan-Kom Ombo Archaeological Project » est un programme de recherche de documents et de sites archéologiques dans le désert.
Les environs du village de Nag el-Hamdulab ont révélé 7 sites présentant des bateaux et un personnage portant la Couronne Blanche.
A 65 km au nord de Kôm Ombo le Gebel Silsileh accueille la plus importante carrière de grès de l’Égypte. On y a découverte plusieurs graffiti de bateaux, le plus souvent des transports de pierre.

Interprétation

Il a été souvent proposé de comprendre ces représentations comme la présence d’un pouvoir royal (avec un personnage portant la Couronne Blanche) qui vient régulièrement s’imposer pour lever des taxes sur les populations. Celles-ci étaient peu nombreuses dans leurs villages et devaient être impressionnées par le convoi royal et la puissance qu’il en dégage.

Les représentations sont également reliées par les chercheurs au mythe d’Horus. En effet les processions en l’honneur du dieu faucon semblent remonter aux premiers temps de l’Egypte, bien avant la construction du temple d’Edfou par Ptolémée III. Le site de Nekhen (Hieraconpolis), à quelques km au nord d’Edfou, est occupé depuis début de la civilisation de Nagada et a livré la palette de Narmer.

Wilkinson voit également dans toutes ces gravure un aspect religieux imprégné d’une forte symbolique.



Bibliographie :


D. Rohl , The followers of Horus : Eastern Desert survey report, Institute for the study of interdisciplinary sciences, Basingstoke , 2000
Toby A. H. Wilkinson, Genesis of the Pharaohs : Dramatic New Discoveries Rewrite the Origins of Ancient Egypt, Thames & Hudson Ltd , 2005
M. & M. Morrow , Desert RATS : Rock Art Topographical Survey in Egypt’s Eastern desert : site catalogue, Archaeopress, Oxford , 2010
S.E. Sidebotham, I. Zych , Berenike 2008-2009 : report on the excavations at Berenike, including a survey in the Eastern Desert, Polish Centre of Mediterranean Archaeology, Varsovie , 2011
S.E. Sidebotham, Berenike and the ancient maritime spice route, University of California Press, Los Angeles , 2011
F. Lankester, Desert Boats - Predynastic and Pharaonic Era Rock-Art in Egypt’s Central Eastern Desert : Distribution, Dating and Interpretation, Archaeopress, Oxford , 2013
 
 
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