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Graffito de la maison du Dionysos à Délos (2) : une hékatontore
réf. : fr.1808.2018 | 20 décembre 2018 | par Francis Leveque
graffiti | Milieu du Ier siècle av. J.-C.
Délos, Iles de l’Egée ( Grèce )

Ce navire est sans doute l’une des plus belles représentations d’un navire de guerre doté de 50 rames sur un seul rang. Outre le débat lexical, il confirme l’usage de ce type de navire à la fin de l’époque hellénistique. Il devait même recevoir une certaine réputation qui a justifié de prendre le temps d’apporter cette qualité de dessin.

 

Ce graffito provient de la maison du Dionysos, dans le quartier du théâtre situé à peu de distance au sud du sanctuaire d’Apollon sur l’île de Délos. Il a été relevé entre 1930 et 1933 par Dominique CARLINI, capitaine de frégate, attaché naval de France à Athènes, avec le concours de l’Ecole Française.

Les murs de la maison du Dionysos datent de la fin de la période hellénistique, vraisemblablement du milieu du Ier s. J.-C. postérieure aux pillages de Délos (88 et 69 av. J.C.). Sur la même paroi se trouvent plusieurs graffiti, dont celui-ci.

Dimensions :
- hauteur : 30,5 cm
- largeur 39 cm

D. Carlini désignait ce bateau comme une hékatontore. Or L. Basch faisait remarquer que les suffixes -oros désignent en principe des rames manoeuvrées par un seul rameur. La taille de ce navire empêche de concevoir un seul rameur par rame, mais plutôt 2 à 4, voire 5, ce qui représente au moins 200 à 500 rameurs auquels il faut ajouter les marins, les officiers et des soldats embarqués.
Cette galère est donc très longue. Elle comporte 50 rames sur un seul rang de ce côté. Comme les tolets sont espacés de plus d’un mètre, et qu’il faut ajouter les proue et la poupe, la réalité de cette galère c’est qu’elle dépasse sans doute les 90 mètres de long.
De là à en déduire qu’il s’agit de l’Isthmia, je ne me risquerais pas à suivre la proposition de L. Basch.

Outre l’alignement des rames, notons la propulsion à la voile dont le quadrillage confirme la présence de bandes de renfort. La vergue penchée donne l’impression que la voile gonflée par le vent fait déplacer le navire à grande vitesse. Le mat est maintenu par un étais vers l’avant mais il n’y a pas trace d’un autre étais vers l’arrière, pourtant hautement probable. Le trait du mat descend jusqu’à la dernière ligne de la coque pour montrer, bien qu’invisible à l’oeil extérieur, qu’il était fixé à la quille.

Les deux gouvernails à l’arrière ne plongent pas dans l’eau. L’aphlaston donne une forte courbure à la poupe et se termine pas un large « branchage ». Un petit mat vertical supporte une poutre horizontale et il se termine par un anneau. Je doute qu’il s’agisse d’un mâtereau mais plutôt d’un mat porteur d’enseigne ou d’un oriflamme.
A la proue on repère la pointe de l’éperon (peut-être un éperon trois-lames). La préceinte se prolonge à mi-hauteur de l’étrave par un proembolon (un éperon retroussé). Un stolos surmonte le tout. Il est difficile d’affirmer qu’il existe une décoration de la proue.


Il existait deux navires de guerre dans le sanctuaire d'Appolon à Délos qui auraient pu servir de modèle. Le premier est une trière athénienne et le second est un navire nommé Isthmia ayant mené la flotte d'Antigone Gonatas.

1) La trière athénienne aurait été consacrée au milieu du IVe s av. J.-C. avec ses agrès. Le monument des Taureaux, au coeur du sanctuaire d'Apollon, fut construit pour lui servir d'abris. Achevé vers 320-310 av. J.-C., il mesure environ 67m x 9m.

2) L'Isthmia d'Antigone Gonatas est une galère géante, un «neuf», conçue pour surpasser le Lonthophoros de son rival Lysimaque. Il aurait disposé de 3 mats et de plusieurs ponts. Ce navire avait réellement participé à ses victoires navales contre Ptolémée. Plus grand que la trière, L. Basch pense qu'il était exposé en plein air à côté du monument des Taureaux après avoir été consacré vers 258 av. J.-C.

 
        

Bibliographie :

  • Carlini, Les galères antiques, in Bulletin de l'Association technique, maritime et aéronautique, vol. 38 , 1934, pp. 49-89
  • L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p.350, 371, n° 739
  • P. Pomey, M. Morel-Deledalle, Récit d’une aventure : Les Graffiti marins de Délos, FeniXX, Marseille , 1992, 64 p.
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