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  Grèce hellénistique   :|:   Document

Graffito de la maison du Dionysos à Délos (3) - Une dière

réf. : fr.1813.2018 | 24 décembre 2018 | par Francis Leveque
graffiti | Milieu du Ier siècle av. J.-C.
Délos, Iles de l’Egée ( Grèce )
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La qualité remarquable de ce graffito permet de classé cet oeuvre parmi les plus belles et les plus précises représentation d’une dière hellénistique. Ce type de navire est moins prestigieux mais sa présence et la qualité du dessin démontrent qu’il servait toujours. Sans doute était-il propulsé par plusieurs marins par rame.

Ce graffito provient de la maison du Dionysos, dans le quartier du théâtre situé à peu de distance au sud du sanctuaire d’Apollon sur l’île de Délos. Il a été relevé entre 1930 et 1933 par Dominique CARLINI, capitaine de frégate, attaché naval de France à Athènes, avec le concours de l’Ecole Française.

Les murs de la maison du Dionysos datent de la fin de la période hellénistique, vraisemblablement du milieu du Ier s. J.-C. postérieure aux pillages de Délos (88 et 69 av. J.C.). Sur la même paroi se trouvent plusieurs graffiti, dont celui-ci.

Dimensions :
- hauteur : 30,5 cm
- largeur 39 cm

D. Carlini désignait ce bateau comme une galère grecque, une dière (à deux rangs de rameurs). Les sabords de nage par lesquels passent les rames sont représentés par de petits cercles disposés sur 2 rangées. La poupe est perdue mais on compte sur la partie restante du navire 24 sabords par rangée. Il devait en avoir davantage à l’origine.

La proue est bien représentée sur le dessin de D. Carlini. Elle dispose d’un éperon en forme de pointe surmonté d’un proembolon à mi-hauteur de l’étrave et d’un autre plus petit juste au-dessus de l’éperon et dans le prolongement de la préceinte basse. L’étrave est surmontée d’un stolos terminé par une volute. Il semble qu’une structure soit protégée par ce stolos, peut-être un gaillard.

Le mat est très excentré vers l’avant. Le trait qui le représente ne descend pas jusqu’à la quille. Au sommet du mat, sous un anneau (le calcet), se rejoignent de nombreux traits reliés avec le pont, deux vers l’avant, et au moins 3 vers l’arrière. ce sont les étais du mat.
Le mat supporte une vergue légèrement inclinée. De nombreuses lignes se rejoignent en un seul point à l’arrière du mat, sur le pont ; elles relient la vergue sur toute sa longueur, à espaces réguliers. Ce sont sans doute des cargue qui permettaient de replier la voile.

Comme sur les autres graffiti, cette voile est renforcée horizontalement et verticalement par des bandes de renforts. La forme de la voile montre qu’elle prend moins le vent que celles d’autres graffiti, ce qui donne l’impression d’un navire statique.

        

Bibliographie :

  • Carlini, Les galères antiques, in Bulletin de l'Association technique, maritime et aéronautique, vol. 38 , 1934
  • L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p.350, 371, n° 738
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