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Graffito de la maison du Dionysos à Délos (1) - Une trière
réf. : fr.1344.0218 | 16 décembre 2018 | par Francis Leveque
graffiti | Milieu du Ier siècle av. J.-C.
Délos, Iles de l’Egée ( Grèce )
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La qualité remarquable de ce graffito permet de classé cet oeuvre parmi les plus belles et les plus précises représentation d’une trière hellénistique. Il se dégage de la réalisation une impression de puissance et d’énergie mais également de finesse, compétences qui ont permis à ce type de navire de s’imposer en Méditerranée pendant plusieurs siècle.

 

Ce graffito provient de la maison du Dionysos, dans le quartier du théâtre situé à peu de distance au sud du sanctuaire d’Apollon sur l’île de Délos. Il a été relevé entre 1930 et 1933 par Dominique CARLINI, capitaine de frégate, attaché naval de France à Athènes, avec le concours de l’Ecole Française.

Les murs de la maison du Dionysos datent de la fin de la période hellénistique, vraisemblablement du milieu du Ier s. J.-C. postérieure aux pillages de Délos (88 et 69 av. J.C.). Sur la même paroi se trouvent plusieurs graffiti, dont celui-ci.

Dimensions :
- hauteur : 30,5 cm
- largeur 39 cm

D. Carlini désignait ce bateau comme une galère grecque, une trière (à trois rangs de rameurs). Elle présente 87 rames par bord. Leurs sabords sont représentés par de petits cercles disposés sur 3 rangées.

La proue est perdue, le dessin a été complétée par D. Carlini.

A la poupe on distingue la passerelle de débarquement et peut-être deux cordes reliées au niveau de l’aphlaston qui permettaient de la manoeuvrer. On repère les deux gouvernail et un petit mat qui supporte 2 traverses et un petit cercle, sans doute un porte enseigne.

Le pavois lisse supporte une rangée de boucliers servant de protection aux rameurs.

Le mat est légèrement excentré. le trait qui le représente descend jusqu’au dernier trait le plus bas, manière de représenter la fixation du mat sur la quille même si elle était invisible dans la cale. Le mat supporte une vergue légèrement inclinée. Au sommet trois petits traits obliques qui se rejoignent au même endroit que les étais, sans doute une représentation maladroite du calcet. De part et d’autre du mat les traits verticaux représentent les haubans.

La voile dépliée est renforcée horizontalement et verticalement par des bandes de renforts. La forme de la voile montre qu’elle prend le vent. Cela donne une belle impression de vitesse à cette réalisation. L’angle bas à gauche de la voile est relié au pont par un trait que représente une écoute et qui a été restitué par Carlini de l’autre côté. A l’avant, un trait oblique semble se dirigé vers l’extrémité droite de la vergue, il s’agit sans doute de la représentation d’un bras, cette corde qui servait à oriente la vergue.

 
 
        
 

Bibliographie :

  • Carlini, Les galères antiques, in Bulletin de l'Association technique, maritime et aéronautique, vol. 38 , 1934
  • L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p.350, 371, n° 737
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