Syrie - Mésopotamie   :|:   Analyse

Cargo phénicien ’hippos’

31 mars 2016 | par Francis Leveque | *fr | 1er quart du Ier millénaire av. J.-C. | Phénicie ( Liban )
 

Ces bateaux symétriques sont-ils des représentations fidèles de la réalité de l’événement ou de l’environnement de l’auteur ?

Plusieurs représentations nous présentent des barques à coque symétrique, plate, mais dont les extrémités s’élèvent à la verticale jusqu’à mi-hauteur d’homme. Chaque extrémité est ornée d’une tête de cheval dirigée vers l’extérieur de la barque. Ainsi on ne distingue pas l’avant de l’arrière.

Elles sont manœuvrées par 1 ou 2 personnages, des timoniers à chaque extrémité, qui tiennent un gouvernail droit ou courbe. Ces barques peuvent être tirées avec une corde, donc elles ne sont pas représentées en pleine mer.

Adaptation au domaine fluvial et aux canaux

Ce dispositif (symétrie et halage) est utile lorsqu’on ne peut faire faire un demi tour à la barque, or on ne voit par pourquoi ce serait le cas à Tyr. Je doute donc que les réalisations assyriennes soient fidèles à une quelconque réalité phénicienne. Les artistes ont plutôt pris pour modèle des embarcations de leur environnement : celles qui naviguaient sur le Tigre ou sur les canaux de Mésopotamie où elles ne peuvent pas toujours réaliser des demi-tour. Et ils les ont attribués à une réalité politique officielle : l’usage de bateaux à Tyr ou ailleurs.

Pourquoi une figure de cheval ?

Commençons par rappeler qu’Homère (L’Odyssée, IV, 707-708 ; XIII,81) indique que les bateaux sont les chevaux de la mer. C’est pourquoi L. Basch suggérait également que le navire peint sur le sarcophage de Gazi comporterait une figure de proue représentant un cheval. Peut-être est-ce également le cas pour le navire peint sur une jarre de Skyros à la même époque.



Bibliographie :


L. Basch, Le musée imaginaire de la marine antique (MIMA), Institut hellénique pour la préservation de la tradition nautique, Athènes , 1987, p. 306
 
 
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