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Astarté sur une monnaie de Sidon (var. 1)
7 janvier 2017 | par Francis Leveque | réf. : fr.1605.2017
Début du Ier siècle av. J.-C. | [fr] monnaies
Sidon, Phénicie ( Liban )

Cette exemplaire montre la durée du symbole que représente Astarté dans les conceptions maritimes des phéniciens lors de leur période d’indépendance.

 

Monnaie de bronze de 20 mm de diamètre, pesant 5,42 g.

Nom de l’atelier : Sidon

Date : 97-96 av. J.-C.

Avers :

anépigaphe
Traduction : “développement”, (traduction)
Description : la tête de Tyche vers la droite, avec couronne crénelée et le voile ; grènetis circulaire ; monogramme derrière la tête.

Revers :

[L] - ΙΔ / ΣΙΔΩΝΙΩΝ
Traduction : “Sidonion”, (Sidon) ; L - ΙΔ = année 14]
Description : Astarté vers la gauche, drapée et debout sur un navire voguant à gauche, tenant l’aplustre et la stylis. Sous l’inscription grecque le nom de la ville en araméen.

Commentaire :

Cette pièce est un dichalque. Le chalque était la plus petite division de l’obole. Une autre monnaie en bronze, qui pèse un peu moins, porte les mêmes motifs.

Il existe un lien ancien entre Astarté et la mer, ce qui explique le rôle de la déesse à basse époque dans les croyances phéniciennes, notamment sur les monnaies des villes maritimes de la côte syrienne comme Byblos, Botrys, Béryte, Orthosia, Tripolis, Sidon, Tyr, Ascalon. Elle est alors souvent représentée comme ici : debout, tenant la stylis cruciforme ou l’aplustre, le pied posé sur une proue de navire ou portée par une galère. Sur un temple d’Arqa, à proximité de Tripoli, elle est représentée entre deux griffons (comme sur les monnaies d’Orthosia), tourelée, tenant la stylis et posant le pied sur un dieu-fleuve nageant.

La galère est représentée vers la gauche. La partie centrale de la coque est plus épaisse : on ne voit en fait qu’une série de rames. L’ondulation du bord inférieur nous permet de compter 9 rames.
A l’avant on repère bien un éperon signalé d’un unique trait épaissi à son extrémité. Au-dessus, un « éperon » surélevé sert de butoir pour perforer les structures hautes. La poupe est surmontée d’un stolos terminé par un bouton.
A l’arrière, on repère le gouvernail qui dépasse au-dessus et au-dessous de la coque. La poupe se termine par un bel aphlaston et ses trois rubans.

Cette monnaie a été frappée sur une période assez longue. Cette variante est présentée ici par 2 exemplaires datés de 14 et 54 de l’ère autonome de Sidon qui commence en 112/111 av. J.-C. Ils ont donc été frappés pendant au moins 40 ans, entre 98/97 et en 48/47, et même davantage. Pompée a maintenu le statut de cité libre, confirmé ensuite par Marc Antoine. Le monnayage autonome cessa en 30/29 avant J.-C.

 
                 


Bibliographie :


R. Dussaud, Topographie historique de la Syrie antique et médiévale, P. Geuthner, Paris , 1927, p. 91
R. Dussaud, Astarté, Pontos et Ba’al , in Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 91 , 1947, p. 212
D.R. SEAR , Greek Coins and their Values (GC) , 1978, n° 5964
G. Abou Diwan, L’ère d’autonomie et le calendrier de Sidon. Une révision à la lumière d’une nouvelle inscription d’époque byzantine , in Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik, vol. 170 , 2009
O. Hoover, Handbook of coins of the Southern Levant : Phoenicia, southern Koile Syria (including Judaea), and Arabia, : fifth to first centuries BC (HGCS 10), vol. 10, Classical Numismatic Group, Lancaster , 2010, n° 10/282
 
 
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